Les peuples de la région Extrême-Nord du Cameroun

La région Extrême-Nord

La région Extrême-Nord est, comme son nom l’indique, la plus septentrionale de la République du Cameroun. Elle est bordée par la région Nord à sa frontière sud, le Tchad à l’est et le Nigeria à l’ouest, et sa capitale est la ville de Maroua.

Il s’agit de l’une des régions les plus diversifiées du Cameroun avec plus de 50 groupes ethniques différents. Si la plupart des habitants parlent français, la langue peule reste néanmoins la plus communément utilisée.

L’Extrême-Nord est la quatrième région la plus peuplée du Cameroun, avec plus de 1 850 000 habitants. La majeure partie de cette population vit dans le territoire situé entre les deux villes de Maroua et Mokolo. Depuis l’indépendance, une grande partie de la population a migré vers de grandes agglomérations, notamment Maroua, qui compte dorénavant 214 000 habitants, et Garoua.

Les Peuls, le groupe majoritaire

Les Peuls constituent une grande partie de la population de la région. Le cœur de la province est principalement constitué par le territoire des Peuls, avec Maroua en étant le centre névralgique. Ils occupent également des parcelles de terre plus petites au sud, une le long de la frontière avec le Tchad et une dernière au sud-est.

Ils parlent le peul, une langue sénégambienne et ils dominent politiquement la région.

Les Adamaoua

Les locuteurs de langue adamaoua constituent une autre ethnie importante, même si de taille moins conséquente. Ils sont répartis entre le Mundang et le Tupuri, dont les territoires sont adjacents à la frontière sud avec le Tchad.

Une constellation d’ethnies

Les Kanuri, à la frontière ouest entre le Nigeria et le parc Waza, sont les seuls locuteurs d’une langue nilo-saharienne.

Les Bagarras, une population semi-nomade d’origine arabe, quant à eux vivent dans le nord de la province, sur une zone s’étendant jusqu’au lac Tchad.

Près d’un million de personnes de la région parlent l’une des différentes langues tchadiennes et participent à la pluralité de la population.

Les Kirdi

Les Kirdi descendent des populations qui ont refusé de se convertir à l’islam lors de la conquête peule. Beaucoup de ces Kirdi vivent aujourd’hui à la frontière occidentale montagneuse de la province, car cette zone était plus facilement défendable contre les envahisseurs peuls.

Les différents peuples Mandara se trouvent principalement dans les montagnes Mandara le long de la frontière avec le Nigeria. Les Mandarawa sont les plus au nord avec leur base à Mora et les Parkwa se trouvent juste au sud d’eux. Les peuples Glavda et Gvoko se trouvent au sud-ouest dans de plus petits territoires. Bien que ne faisant pas partie du groupe Mandara, les peuples Turu, Mabas et Matakam vivent le long de la frontière, avec leur capitale à Mokolo.

Les Kapsiki, les Hya, les Bana,  les Zizilivikan, les Jimi et les Gude occupent le reste de la frontière du nord au sud. Le Bulahai, le Buwal, le Gawar, le Besleri, le Sharwa, le Tsuvan et le Mazagway se trouvent juste à l’est de ce groupe frontalier. La frontière sud de la province abrite les Daba et Muturwa.

Le territoire entre Maroua, Mokolo et Tokombére est un important centre de population et plus d’une douzaine de groupes ethniques y vivent. On y retrouve les Matal, les Wuzlum, les Vame, les Muyang, les Mokolo, les Dugwor, les Marva, les Mofu du Nord, les Mofu, les Cuvok, les Merey, les Zulgo-Gemzek, les Mada et les Mbuko.

Les Buduma vivent sur des îles du lac Tchad au nord du territoire Kotoko.

Les différents peuples Kotoko vivent dans la bande entre le Nigeria et le Tchad. Ce groupe comprend les Afade, les Logone, les Makari et les Kotoko proprement dit, ainsi que les Kuseri et les Maltam.

Les Jina et les Majera vivent au sud du “Kotokoland”, entre le parc national de Waza et le Tchad. Les groupes les plus proches sont les Kera, avec un petit territoire à la frontière méridionale avec le Tchad, les Massa, qui occupent la pointe du bec de la province, y compris Yagoua et Musaya, à la frontière du Tchad au village de Dom.

À l’exception des éleveurs peuls, la plupart des habitants du Grand Nord pratiquent une agriculture de subsistance. En matière religieuse, la région voit un mélange d’islam, de christianisme et d’animisme. Si les peuples Kirdi ont résisté à l’islam au 19ème siècle, aujourd’hui beaucoup d’entre eux ont été christianisés par la suite, tout du moins partiellement. Ils ne sont pas les seuls car d’autres groupes se sont convertis au christianisme ou à l’islam.