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Cahiers du
Gedisst (ancien
nom de la revue)
n° 18 - Hommes et femmes
dans le mouvement social
Coordonné par
Jacqueline Heinen et Josette Trat
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Sommaire |
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Dossier :
Hommes et femmes dans le mouvement social
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Josette Trat
Introduction
Notice biographique
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Première partie
-
en France |
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Marie-Hélène Zylberberg-Hocquard
Grèves d'été, grèves d'automne, femmes et mouvement social. L'année
1953 annoncerait-elle l'année 1995 ?
Résumé
Abstract Notice biographique |
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Josette Trat
Retour sur l'automne
chaud de 1995
Résumé Abstract
Notice biographique |
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Xavier Dunezat
Presse et mouvement
social sexué
Résumé Abstract
Notice biographique |
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Pierre Cours-Salies
Le collectif
et le particulier. Réflexions autour d'un mouvement inachevé
Résumé
Abstract Notice biographique |
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Sophie Béroud
Chronologie du mouvement
social de l'automne 1995 |
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Deuxième partie - En Amérique latine
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Jane S. Jaquette
Les mouvements de
femmes et le défi démocratique en Amérique latine
Résumé Abstract
Notice biographique
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Karen Kampwirth
Inégalité de genre
et mouvement zapatiste. Les femmes s'organisent au Chiapas
Résumé
Abstract |
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Comptes rendus
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— Stevi
Jackson. Christine Delphy (Béatrice de Peyret)
— Alain
Lipietz. La société en sablier. Le partage du travail contre la
déchirure sociale (Chantal Rogerat)
— Alisa
Del Re et Jacqueline Heinen. Quelle citoyenneté pour les femmes ?
La crise des États-providence et de la représentation politique en
Europe (Arlette Gautier)
— Jacqueline
Coutras. Crise urbaine et espaces sexués (Nicole Brais) |
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Cahiers du Gedisst, n° 19 -
187 pages |
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Résumés
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Marie-Hélène
Zylberberg-Hocquard
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Grèves
dété, grèves dautomne, femmes et mouvement social.
Lannée 1953 annoncerait-elle lannée 1995
Analysant
le mouvement social de décembre 1995, certains nont pas hésité à
esquisser un rapprochement avec la grève de la fonction publique de lété
1953. Cette dernière paralyse le pays, et pourtant lopinion publique,
loin de lui manifester son hostilité, sen montre solidaire. Laction
est déclenchée par lattaque dun gouvernement de droite contre
des acquis sociaux, notamment la Sécurité sociale ; mais au-delà
dune défense dintérêts, que lon pourrait taxer de catégoriels,
les grévistes expriment le manque de perspectives ressenti par tous, ils
sont les porte-parole de citoyens impuissants et déçus. Les femmes, actrices
dans ce mouvement, sont pourtant invisibles. Huit ans après la fin de
la guerre, pèsent lourdement sur elles la pénurie, toujours bien réelle,
et la morale traditionnelle, qui ne connaît aucune évolution, les organisations
de gauche nétant pas, loin de là, porteuses de contestation dans
ce domaine. Leur taux dactivité est alors un des plus faibles, elles
occupent des emplois sous-qualifiés, mal payés, et il serait absurde pour
elles de parler de carrière. Nombreuses dans ladministration des PTT,
elles y découvrent leffet libérateur de la grève, et retrouvent
des chemins parcourus par leurs aînées.
Josette
Trat —
Retour
sur l'automne chaud de 1995
Certaines convergences entre le
mouvement étudiant de l'automne 1995, la manifestation en faveur des
droits des femmes du 25 novembre, et la grève du secteur public peuvent se
comprendre, selon Josette Trat, en termes d'exigences de citoyenneté.
L'auteure s'interroge ensuite plus précisément
sur la nature du mouvement de l'automne de
1995. Il a, selon elle, trois caractéristiques essentielles : ce fut un
« mouvement d’ensemble », unitaire et il a dessiné, en pointillé, un
projet de société égalitaire et solidaire. Pour comprendre l'ampleur et le
sens de ce mouvement, Josette Trat insiste sur l'importance de prendre en
considération la participation active des femmes à cette mobilisation
exceptionnelle et, plus largement, les rapports sociaux de sexe en France.
Xavier
Dunezat
—
Presse
et mouvement social sexué
Cet article a pour objet l'étude du « mouvement social sexué »
de novembre-décembre 1995 à travers la presse. Tout en s'efforçant de
questionner la sociologie des mouvements sociaux au nom de la transversalité
des rapports sociaux de sexe, l'auteur part de deux questions :
quelle était la nature des rapports sociaux de sexe dans le mouvement
de novembre-décembre 1995 ? Dans quel type de rapports sociaux de
sexe la presse sest inscrite au moment de relater ce mouvement ?
Il apparaît que les rapports sociaux de sexe traditionnels ont non seulement
été reproduits par les acteurs du mouvement social mais sont aussi à l'origine
d'un « traitement patriarcal » des événements par la presse.
Le sujet social femmes, qui s'est reconstitué à l'occasion de la manifestation
du 25 novembre 1995 pour les droits des femmes, était absent des autres
composantes du mouvement social.
Pierre
Cours-Salies
—
Le
collectif et le particulier. Réflexions autour d'un mouvement inachevé
Addition de corporatisme ou possibilité
d'objectifs collectifs ? Cette polémique, au sujet du mouvement de
l'automne 1995, invite à repréciser en partie quelques conceptualisations :
les rapports entre le collectif et les particuliers, la notion de classe
et singulièrement de classe ouvrière. Une série d'entretiens, au cours
du mouvement, permet de revisiter les relations entre conscience, objectifs
collectifs et récits individuels. Nous ferons également une relecture
de la notion de classe à partir de la définition quen donnent Flora
Tristan (1843) ou la CGT d'avant 1914 (Maxime Leroy, 1913).
Jane
S. Jaquette
—
Les
mouvements de femmes et le défi démocratique en Amérique latine
Les femmes latino-américaines sont
engagées depuis longtemps dans des luttes publiques dont certaines sont
largement connues comme le combat des Mères de la Place de Mai en Argentine.
Mais l'on connaît moins bien les récentes mobilisations qui constituent
selon l'auteure « un moment historique extraordinaire », et
selon les actrices elles-mêmes « une autre manière de faire de la
politique », définie plutôt par une stratégie basée sur la différence.
Tout en en reconnaissant la validité, l'auteure se demande si dans cette
période de redémocratisation en Amérique latine, la recherche d'autonomie
de « ces nouveaux mouvements sociaux » ne pose pas un problème :
la démocratie a besoins de partis forts (où les femmes entrent difficilement
malgré les quotas parfois institués), et de stratégies organisationnelles.
Karen
Kampwirth
—
Inégalité
de genre et mouvement zapatiste. Les femmes sorganisent au Chiapa
Cet article cherche à reconstruire
la dynamique historique et géographique qui explique la présence significative
des femmes dans lArmée zapatiste de libération nationale (EZLN).
Ce mouvement révolutionnaire dun nouveau type, qui apparaît en janvier
1994 dans un état pauvre du Mexique, le Chiapas, est laboutissement
de changements très variés qui ont modifié la vie des Indiens et des Indiennes
de la région et particulièrement les rapports sociaux entre les sexes.
Formant le tiers des forces zapatistes, les femmes ont pu intégrer le
problème du genre et formuler la Loi révolutionnaire des femmes. Sans
elles, lEZLN eût sans doute été un mouvement différent même si cela
reste une organisation militaire dominée par les hommes. |
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Abstracts
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Marie-Hélène Zylberberg-Hocquard
Some analysts of the
social movement of December 1995 did not hesitate in drawing an
analogy with the Public Service strike of the summer of 1953. The
latter paralyzed the country, and yet public opinion showed solidarity
rather than any hostility. The movement was triggered by a right-wing
governments attack on acquired social benefits, in particular
the social security health-care system. However, beyond a simple
defence of their own interests, which could perhaps be viewed as
promoting just their own specific professional interests, the strikers
expressed the lack of perspectives felt by all and thus became the
spokespersons of a citizenry feeling deceived and powerless. Women,
although active participants in this movement, remained invisible.
Eight years after the end of World War II, women were doubly burdened
with the perpetual reality of penury and the traditional morality,
which had not at all evolved and with the left-wing organizations
far from being the conduits of contestation in this area. Womens
rate of employment was then one of the lowest of the century, and
they occupied menial, poorly paid jobs, and it would be absurd to
speak about "careers" for these women. However, numerous
within the administration of the PTT (Post and Telegraph), these
women discovered the liberating effect of the strike, and found
again the paths taken by their predecessors.
Josette Trat
Certain convergences may be understood among the student movement
of the Fall of 1995, the protest demonstration in favour of womens
rights of the 25th of November, and the public sector strike. The
author then further probes, more precisely, the nature of the movement
of the fall of 1995. This had three essential characteristics :
it was a united, unified movement, and it sketched elements of a
projected egalitarian and solidarizing society. In order to understand
the amplitude and the meaning of this movement, one should note
the importance of taking into consideration the active participation
of the women in this exceptional mobilization, and, more broadly
speaking, the social relations between the sexes within France.
Xavier Dunezat
This article focuses upon the "gendered social movement"
of November-December, 1995, as seen by the press. The author strives
to question the sociology of social movements in the name of the
transversality of the social relations of gender, and starts with
two questions : 1) What was the nature of the social relations
of gender within the November-December 1995 movement ; 2) What
is the context of gendered social relations within the press itself
when they are describing this movement ? It appears that the
traditional social relations of gender were not only reproduced
by the agents of the social movement but were also at the origin
of a "patriarchal treatment" of events by the press. Women,
as a social subject, reappeared during the demonstration for the
rights of women of November 25th, 1995, but was missing from the
other events composing the social movement.
Pierre Cours-salies
Addition of corporatism or the possibility of collective objectives ?
This polemic, concerning the movement of the fall of 1995, provides
an invitation to further refine, in part, certain conceptualizations :
the relations between the collective and individuals, the notion
of class, and specifically the notion of the working class. A series
of interviews within the movement permit us to re-examine the relations
among conscience, collective goals, and individual narratives. We
may at the same time rethink the notion of class which takes off
from Flora Tristans definition or that of the pre-1914 [General
Confederation of Labour].
Jane S. Jaquette
Latin American women have long been active in public conflicts,
some widely known, such as the Mothers of May Place in Argentina.
But we know less well the recent mobilizations which constitute
what may be called "an extraordinary historic moment,"
and which the participants themselves call "another way of
doing politics," defined, rather, by a strategy based upon
"difference". While recognizing the validity, the author
wonders whether in this period of re-democratization within Latin
America, the search for autonomy of "these new social movements"
doesnt pose a problem : Democracy has needs for strong
parties, where women have trouble gaining admittance despite the
quotas sometimes instituted, and organizational strategies.
Karen Kampwirth
This article seeks to reconstruct the historical and geographical
dynamics explaining the significant presence of women in the Zapatista
Army of National Liberation (EZNL). First appearing in the poor
Mexican state of Chiapas in January, 1994, this new type of revolutionary
movement is the culmination of a wide variety of changes modifying
the life of indigenous men and women in the region, and particularly,
the social relations between the sexes. Making up a third of the
Zapatista forces, the women were able to integrate the question
of gender and formulate the Revolutionary Law of Women. Without
them, the EZNL would have no doubt been a very different kind of
movement, even though remaining a military organization dominated
by men.
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Auteures
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Pierre Cours-Salies, docteur d'État en sciences politiques, enseigne à
luniversité Paris VIII-Saint-Denis. Il est membre du
GEDISST.
(1995). (ed). La liberté du travail. Paris. Syllepse.
(1997). Pierre Cours-Salies, René Mouriaux (eds). L'unité
syndicale en France. 1895-1995. Impasses et chemins. Paris. Syllepse.
Xavier Dunezat est doctorant en sociologie et prépare une thèse sur les mouvements
sociaux de sexe, sous la direction de Danièle Kergoat. Il est professeur
de science économique et sociale dans un lycée de Rennes.
Jane S. Jaquette est professeur de diplomatie et des affaires mondiales
de lOccidental College.
(1983). Women
in developing countries : A Policy Focus, avec Kathleen Staudt.
Ses travaux qui ont une dimension comparative portent sur la participation
politique des femmes, le féminisme international et les femmes dans les
pays en développement.
(1994). The Womens Movement in Latin America. Boston. Unwin.
Josette
Trat enseigne la sociologie à luniversité de Paris VIII-Saint-Denis.
Elle est membre du GEDISST
et collabore à la revue Les Cahiers du féminisme.
(1994). « La lutte des assistantes sociales : un mouvement
de femmes salariées conjugué au masculin ». In Futur
Antérieur. Numéro spécial : Les coordinations de travailleurs
dans la confrontation sociale.
(1997). « Engels,
savant et révolutionnaire » : Actes du colloque international des
17-20 octobre 1995. Paris. PUF.
Marie-Hélène Zylberberg-Hocquard est historienne et enseigne dans une classe préparatoire littéraire.
Elle est membre du Gedisst et ses recherches portent sur le travail industriel
féminin au XIXe siècle et sur les rapports entre féminisme
et syndicalisme au XIXe.
(1995). « Louvrière ». Historiens
et géographes. Numéro hors série : Le monde ouvrier aux XIXe
et XXe siècles.
(1995). « Métiers ouvriers, approche historique ».
Communication à latelier travail et emploi. Colloque
international de recherche préparatoire à la IVe Conférence
mondiale sur les femmes ? Paris. 6-7 mars 1995. In Femmes, hommes : identité, égalité, différences. Paris. La Découverte.
Recherches.
ISSN 1165-3558
ISBN 2-7384-5375-9
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