|
|
Cahiers du
Gedisst (ancien
nom de la revue)
n° 20 - Genre et
techniques domestiques
Coordonné par
Danielle Chabaud-Rychter
|
|
|
| |
|
| |
|
| |
Sommaire |
 |
Dossier :
Genre et techniques domestiques
—————————————————————————————— |
| |
Danielle Chabaud-Rychter
Introduction
Notice biographique |
| |
Cynthia
Cockburn
Les techniques domestiques ou
Cendrillon et les ingénieurs
Résumé
Abstract Notice biographique |
| |
Susan
Ormrod
Genre et pratiques discursives
dans la création d'un nouveau mode culinaire
Résumé Abstract
Notice biographique |
| |
Danielle
Chabaud-Rychter
L'industriel et le domestique
dans la conception d'appareils électroménagers
Résumé Abstract
Notice biographique |
| |
Anne-Jorunn
Berg
Peur, amour et technique :
ambiguïtés et ambivalences des femmes
Résumé Abstract
Notice biographique |
 |
Jacqueline
Coutras,
Jean-Louis
Lacascade
À propos des technologies
domestiques : quand les mères parlent de liberté et les filles
d'indépendance
Résumé Abstract
Notice biographique Coutras
Notice biographique Lacascade |
| |
|
| |
Comptes rendus
—————————————————————————————————————————————
— Knibiehler
Yvonne. La révolution maternelle depuis 1945. Femmes, maternité,
citoyenneté (Arlette Gautier)
— Nancy
Folbre. De la différence des sexes en économie politique
(Anne Bustreel)
— Nira
Yuval-Davis. Gender & Nation (Hélène Le Doaré)
— Catherine
Bidou Zachariasen. Proust Sociologue (Alain Suied)
— Evelyne
Tardy, Manon Tremblay, Ginette Legault. Maires et mairesses. Les
femmes et la politique municipale (Angelo Soares) |
 |
| |
|
| |
|
| |
Cahiers du Gedisst, n° 20 - 162 pages |
| |
|
| |
|
 |
————————————————————————
Résumés
———————————————————————
|
| |
Cynthia
Cockburn —
Les
techniques domestiques ou Cendrillon et les ingénieurs
On reconnaît rarement aux techniques
domestiques leur importance réelle, - et ce « on » désigne aussi
bien lingénieur que le sociologue - en partie parce que ce qui est
féminin, ce qui relève de la sphère privée est sous-évalué. À partir de
travaux féministes récents, cet article analyse léchec des concepteurs
et des fabricants à comprendre et à répondre aux besoins des usagers.
Il montre comment, ni en Europe de lEst, ni en Europe de lOuest,
on na su concevoir des équipements domestiques, dans le cadre de
systèmes technologiques appropriés, comme interfaces sensibles entre la
maison, la société civile et lenvironnement. La sociologie des techniques,
nous le montrerons, a aussi négligé les techniques de la vie quotidienne
sans voir quelles étaient le point de départ logique dune
politique technologique.
Susan
Ormrod —
Genre
et pratiques discursives dans la création d'un nouveau mode culinaire
L'article qui suit porte sur la dynamique des interactions entre rapports
de genre et rapports techniques. S'appuyant sur une étude qui a trait
à la cuisine au micro-ondes, il met en évidence l'existence de rapports
spécifiques entre hommes et femmes, d'ordre à la fois technique et sexué.
La transformation du micro-ondes, « produit brun » initialement
perçu comme un objet technique de pointe, en « produit blanc »
assimilé à un appareil électroménager banal, s'est en effet accompagnée
d'une redéfinition sexuée du rôle des acteurs, tant au niveau de la production
que de la commercialisation et de l'utilisation. Par là même, ce déplacement
a favorisé la reproduction de la hiérarchie de genre dans les rapports
à la technologie.
Danielle
Chabaud-Rychter —
L'industriel
et le domestique dans la conception d'appareils électroménagers
Les innovateurs inscrivent dans les objets techniques destinés à des usages
domestiques une dichotomie entre la « surface » - comportant
les commandes, les accessoires, les marquages... - qui est mise à
la disposition de l'usager, et « l'intérieur » où est enfermé
hors daccès tout ce qui permet le fonctionnement de la machine :
motorisation, mécanismes, contrôles électroniques. Ce mode de conception
peut être lu comme une « détechnicisation » des machines destinées
au travail domestique et on peut se demander, en continuité avec les féministes
travaillant sur la construction sociale des techniques, sil sagit
là dun processus de sexuation des objets techniques destinés aux
femmes. En observant, au jour le jour, le travail dune équipe de
conception dune entreprise de petit électroménager, jai tenté
de comprendre ce que font exactement les innovateurs quand ils dichotomisent
les objets techniques : comment ils établissent la frontière entre
l'intérieur et l'extérieur, déterminent ce qui doit être caché à l'usager,
ce à quoi il doit avoir accès et de quelle manière ; comment ils
travaillent sur les parties internes et externes, où intervient la prise
en considération du sexe des usagers, et sous quelles formes.
Anne-Jorunn
Berg —
Peur,
amour et technique : ambiguïtés et ambivalences des femmes
Les femmes sont peu visibles
dans les techniques de l'information et de la communication. Mais peut-on
expliquer cette invisibilité par leur peur de la technique ? C'est
en tout cas une explication souvent admise dans les débats publics. Cet
article présente l'étude détaillée du récit que fait une femme de son
expérience avec le Minitel. Il semblerait, à première vue, que la crainte
est bien ce qu'elle éprouve dans sa relation avec la technique. Pourtant,
une analyse minutieuse de ses interactions avec la technique dans le contexte
de la vie quotidienne montre que le concept de peur est inadéquat. À son
tour, cette analyse met en lumière la question de la méthodologie :
comment faut-il explorer la complexité ? En effet, la façon dont
cette femme décrit ses liens avec un certain nombre de techniques révèle
la complexité du rapport existant entre le genre et la technique, de leur
enchevêtrement. Il est particulièrement intéressant de voir comment elle
négocie les significations de ce rapport. L'analyse du récit de son expérience
avec la technique me conduit à développer les implications théoriques
du déterminisme technologique dans la construction du genre comme différence.
Jacqueline
Coutras, Jean-Louis Lacascade —
À
propos des technologies domestiques : quand les mères parlent de
liberté et les filles d'indépendance
Jeunes Parisiennes des années
cinquante, jeunes Parisiennes des années quatre-vingt. Deux générations.
Deux contextes socioculturels. Une même lignée. Beaucoup sépare les mères
et les filles, et pourtant... La mère, comme la fille, cherchent à donner
delles-mêmes une image de femme « indépendante » qui sait
sortir de chez elle, dont lunivers dépasse le logement et les préoccupations
familiales et domestiques. Dans cette ouverture sur lextérieur,
lusage dune voiture lui a été dune grande aide, mais
aussi celui dun lave-linge et dun réfrigérateur. Aujourdhui,
pour décharger sa fille, la grand-mère reçoit et garde ses petits-enfants.
Mais elle veut poser des bornes à laide quelle apporte à sa
fille, car elle aussi entend sassurer une vie « autonome »
- autonome de celle du mari, de celle de ses enfants. Elle aussi cherche
une socialisation extérieure.
|
|
 |
 |
 |
| |
|
| |
|
 |
———————————————————————
Abstracts
———————————————————————
|
|
Cynthia Cockburn — Domestic technologies :
Cinderella and the engineers
Domestic technologies are seldom accorded their true significance
either by engineers or sociologists, partly due to an undervaluing
of the feminine and the private sphere. Drawing on recent feminist
research the article examines the failure of designers and manufacturers
to understand and respond to user needs. It shows how in neither
Eastern nor Western Europe has domestic equipment been designed
thoughtfully within appropriate technological systems, as a sensitive
interface between household, community and environment. The sociology
of technology too is shown to have neglected the technologies of
everyday life, rather than seeing them as the logical starting point
of a technology policy.
Susan Ormrod — Discursive practices of gender in the
creation of a new cooking process
The following article considers the interactions between gender
relations and technical relations. Based on research concerning
micro-wave ovens, it brings out the existence of specific relations
between women and men that are both technical and gendered. The
transformation of the microwave oven from a brown product,
intially considered as a high technology item, to a white
product like any other domestic appliance, has in fact been
accompanied with a gendered redefinition of the role of the agents,
as much at the level of production as of commercialisation and utilisation.
In the same way this change has encouraged the reproduction of a
gender hierarchy in relation to technology.
Danielle Chabaud-Rychter — Industrial and domestic
aspects in the conception of domestic appliances
In the conception of technical objects for domestic use there
exists a dichotomy between the surface - including the
control panels, the accessories, the instructions - which is for
the use of the consumer - and the interior where everything
which enables the machine to function - motorisation, mechanism,
electronic controls - is closed to their access. This type of conception
can be considered as a detechnicalisation of machines
destined for domestic use and we can wonder, as do the feminists
working on the question of the social construction of techniques,
if this is in fact a gendering of technical objects intended for
use by women. Through daily observation of a research and development
team for small domestic appliances, I have tried to understand exactly
what they do when they introduce this dichotomy into technical objects :
how do they establish the boundary between the interior and the
exterior, decide what should be hidden from the consumer, to what
s/he should have access, and how and at what point they consider
the sex of the consumer.
Anne Jorunn Berg — Fear, love and technology :
Female ambiguities and ambivalences
Can womens invisibility in relation to new information
and communication technologies be accounnted for in terms of female
techno-fear ? This is often a taken for granted assumption
in bublic discussions. This article contains a detailed study of
one womans account of her experience with Minitel technology ?
At first sight techno-fear seems to be an adequate explanation of
her relationship to technology. However through a detailed analysis
of how she interacts whit technology in the context of everyday
life, the concept of technology-fear turns out to be an inadequate
conception of her interaction with technology. In turn this throws
light on the issue of methodology in terms of how to explore complexity.
Her description of her relationship with number of technologies
gives a complex picture of the intertwined character of gender and
technology. Particularly interesting is the way she negotiates meanings
of gender in relation to tecnology. In the analysis of the account
of her experience with technology I adress in more detail theorical
implications of technological determinism for constructions of gender
as difference.
Jacqueline Coutras, Jean-Louis Lacascade — On domestic technology : When mothers speak of freedom and
daughters of independence
Young women in Paris in the 1950s, young women in Paris in the
1980s. Two generations. Two socio-cultural contexts. One line of
descent. Much separates mother and daughter and yet... Mother, like
daughter, wants to have the image of an independent
woman, one who gets out and about, whose concerns go beyond the
home and family responsibilities. Cars have been a great help in
this emergence into the outside world, as have washing machines
and refrigerators. Today, to relieve the daughter, the grandmother
looks after her grandchildren in her own home. But she wants to
limit the help she gives her daughter because she too wants an independent
life, independent from her husband and from her children.
She wants an external social existence.She has as much domestic
equipment, more or less, as her daughter. She has bought it in order
to reduce her domestic tasks, particularly the most repetitive.
Simplify daily life, mother and daughter have the same
attitude. They present themselves as independent, that
does not mean that they consider themselves modern.
|
| |
 |
 |
 |
| |
|
| |
|
 |
———————————————————————
Auteures
——————————————————————
|
| |
Anne-Jorunn Berg est chercheuse en sociologie des techniques et
études féministes à lInstitute of Social Research in Industry
(SINTEF), département Technology Management, à Trondheim en Norvège. Elle
travaille sur les technologies de linformation et de la communication
et la vie quotidienne, et sur la question du genre dans les processus
dinnovation et dusage. Parmi ses publications :
(1996). Digital Feminism,
Thèse de doctorat, Norwegian University of Science and Technology. Trondheim.
(1995). « Feminism and constructivism :
Do artifacts have gender ? » (avec Merete Lie), Science,
Technology and Human Values, vol. 20 n° 3, Summer.
(1994).
« A gendered socio-technical construction : The smart house ».
In C. Cockburn et R. Fürst Dilic (eds), Bringing
Technology Home. Gender and Technology in a Changing Europe. Buckingham,
Philadelphia. Open University Press.
Danielle Chabaud-Rychter est sociologue, chercheuse au CNRS, membre
du GEDISST. Ses recherches portent sur linnovation industrielle,
les techniques et le genre, les processus de conception, production, distribution
et usage dobjets techniques. Parmi ses publications :
(1994). « La mise en forme des pratiques domestiques dans
le travail de conception dappareils électroménagers ». Sociétés
contemporaines, n° 17, mars.
(1996). « L'innovation industrielle dans
l'électroménager : conception pour l'usage et conception pour la
production ». Recherches féministes,
vol. 9, n° 1, p. 15-36.
(1997).
« Coopération et négociation dans le processus de conception d'appareils
électroménagers : la fabrication collective du cahier des charges fonctionnel ».
Cahiers Langage et Travail,
n° 9, Catégorisations dans
laction, septembre.
Cynthia Cockburn est sociologue, chercheuse au Centre for Research in Gender,
Ethnicity and Social Change, à la City University of London. Ses recherches
portent sur les femmes et le travail, les hommes et la masculinité en
relation avec le changement technique ; les actions positives en
faveur de légalité des sexes au travail et dans les syndicats ;
les regroupements internationaux de femmes.
(1991).
In the Way of Women. London.
Macmillan.
(1993).
Gender and Technology in the Making
(avec Susan Ormrod). Newbury Park, CA and London. Sage.
(1994). Bringing Technology
Home (avec Ruza Fürst-Dilic eds). Open University Press.
Jacqueline Coutras est géographe, chercheure au CNRS, directrice du GEDISST.
Elle a publié plusieurs ouvrages sur le thème : pratiques urbaines
et espaces sexués. Elle est également lauteure de travaux de comparaisons
internationales portant sur lusage des technologies domestiques.
(1996). Crise urbaine et
espaces sexués. Paris. A. Colin.
(1996). Domus et technologies,
continuités et changements : Paris Berlin 1960-1990 (avec Lacascade
J. L, Meyer S., Schulze E.). Paris. IRESCO.
Jean-Louis Lacascade est chercheur au CNRS, membre du CSU (Culture et société
urbaine). Il sest intéressé au rapport entre technique et vie domestique,
dabord à travers lanalyse de la « domestication des ordinateurs »,
ensuite par lanalyse de la diffusion des techniques au sein des
familles et de leur domus (espace
de vie et champ domestique).
(1991). Micros et logis. Paris.
IRESCO.
(1996). Domus et technologies, continuités et changements : Paris Berlin 1960-1990
(avec Coutras J., Meyer S., Schulze E.). Paris. IRESCO.
Susan Ormrod a été enseignante à lUniversity of East London, Departement of Innovation
Studies. Ses domaines de recherche sont, entre autres, la théorie sociale
et le féminisme, et létude sociale des techniques.
(1993). Gender and
Technology in the Making (avec Cynthia Cockburn). Newbury Park, CA
and London. Sage.
(1995). « Feminist sociology and methodology : Leaky black boxes
in gender/technology relations ». In Keith Grint and Rosalind Gill
(eds), The Gender-Technology Relation.
Contemporary Theory and Research. London. Taylor and Francis.
ISSN 1165-3558
ISBN 2-7384-6346-0
|
|
 |
 |
 |
|