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n° 35 - La violence, les
mots, le corps
Coordonné par
Dominique Fougeyrollas-Schwebel, Helena Hirata, Danièle Senotier
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Sommaire |
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Dossier :
La violence, les mots, le corps ———————————————————————————————— |
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Dominique
Fougeyrollas-Schwebel, Helena Hirata, Danièle
Senotier
Introduction
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Notice biographique
Fougeyrollas Notice biographique Hirata
Notice biographique
Senotier |
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Françoise
Héritier
Quels
fondements de la violence ?
Résumé
Abstract Notice biographique |
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Dominique
Fougeyrollas-Schwebel et Maryse Jaspard
Compter les violences envers les femmes. Contexte institutionnel et
théorique de l'enquête ENVEFF
Résumé Abstract
Notice biographique Fougeyrollas-Schwebel
Notice biographique Jaspard |
| |
Marylène
Lieber
La double
invisibilité des violences faites aux femmes dans les contrats
locaux de sécurité français
Résumé Abstract
Notice biographique |
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Corinne
Lanzarini
Survivre à la
rue. Violences faites aux femmes et relations aux institutions
d'aide sociale
Résumé Abstract
Notice biographique |
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Michèle
Salmona
Des
paysannes en France : violences, ruses et résistances
Résumé Abstract
Notice biographique |
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Marie
Pezé
Corps
et travail
Résumé
Abstract Notice biographique |
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Claudia
de Gasparo
Harcèlement moral
et sexuel : une approche sociologique
Résumé Abstract
Notice biographique |
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Enquête
Maria
Bernardete
Ferreira
de
Macêdo
Femmes de ménage et
veilleurs de nuit : une approche sexuée du travail précaire dans un
hôtel en France
Résumé Abstract
Notice biographique |
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Hors-champ
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Dominique
Memmi
Une situation sans issues ? Maîtres et domestiques dans le cinéma
anglais et français
Résumé
Abstract
Notice biographique |
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Notes de lecture
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—
Marie-Hélène
Bourcier. Queer Zones. Politiques des identités sexuelles, des
représentations et des savoirs
(Pascale Molinier)
— Danielle
Chabaud-Rychter, Delphine Gardey (eds). L'engendrement des
choses. Des hommes, des femmes et des
techniques (Grégoire Mallard)
—
Sylvie
Schweitzer. Les femmes ont toujours travaillé. Une histoire du
travail des femmes aux XIXe et XXe siècles
(Marie-Hélène Zylberberg-Hocquard
— Sextant
« Domesticité ». Eliane Gubin, Valérie Piette (eds) (Emmanuelle
Lada)
— Rose-Marie
Lagrave, Agathe Gestin, Eléonore Lépinard, Geneviève Pruvost (eds).
Dissemblances. Jeux et enjeux du genre (Anne-Marie Devreux)
—
Houria Alami
M'Chichi. Genre et politique au Maroc. Les enjeux de l'égalité
hommes-femmes entre islamisme et modernisme (Meriem Rodary)
—
Colette Guillaumin.
L'idéologie raciste. Genèse et langage actuel (Dolorès
Pourette)
—
Sonya Michel,
Rianne Mahon. Child care policy at crossroads : Gender and
welfare state restructuring (Heini Martiskainen)
— Philippe
Zarifian. A quoi sert le travail ? (Jean-Robin Merlin)
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Cahiers du Genre, n° 35 - 288 pages |
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Résumés
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Françoise Héritier
— Quel fondements de la violence ?
Plutôt qu’un état
pulsionnel consubstantiel à l’être humain, la violence
serait une
réaction à l’état de sociabilité. Des constantes mettent en première
place l’obligation de se définir par opposition et le classement entre
même et différent est à la base du sentiment d’appartenance. Celui-ci
se coule dans deux moules : l’entre-soi de la consanguinité et du
territoire, et celui du genre. Des besoins et affects universels sont
pris dans les métaphores du corps, du territoire, de l’aînesse. C’est
leur manipulation plus ou moins
organisée qui est
créatrice de violence. Il y a donc une logique de
l’intolérance, dont des exemples sont donnés. Une éthique universelle,
à construire, est cependant possible. [—
p. 21-44]
Dominique Fougeyrollas-Schwebel et Maryse Jaspard
— Compter les violences envers les femmes. Contexte institutionnel
et théorique de
l’enquête
ENVEFF
Le débat sur les
violences envers les femmes émerge aujourd’hui sur le devant de la
scène médiatique. Le phénomène est traité comme un sujet d'actualité,
comme un problème qui affecte l'ensemble de la société française. Les
résultats de l'Enquête nationale sur les violences envers les femmes
en France (ENVEFF), les seuls disponibles en France, alimentent les
discussions. Dans le milieu scientifique, la légitimité de ce thème de
recherche rencontre encore quelques détracteurs. Pourtant, la
perception sociale et politique du phénomène s’est radicalement
transformée depuis 1997, année où le projet de cette enquête a vu le
jour. Cette année-là, dans une conjoncture internationale très
sensibilisée à cette thématique, le contexte scientifique et politique
français est particulier : au regard des pays d’Europe du nord, la
France se doit de rattraper son retard sur la question, mais le milieu
scientifique, y compris les chercheuses féministes, reste relativement
circonspect. Afin de mieux cerner ce contexte, cet article propose une
mise en perspective historique de l’évolution des politiques
publiques, des recherches et des débats des militantes féministes
depuis le début de leur mouvement jusqu’au moment où les représentants
de l’État commanditent l’enquête ENVEFF. [—
p. 45-70]
Marylène Lieber
— La double invisibilité des violences faites aux femmes dans les
contrats locaux de sécurité français
Cet article
explore la façon dont les contrats locaux de sécurité (CLS), forme récente des politiques locales de sécurité,
appréhendent les « violences envers les femmes ». Il réfléchit à la
signification que prend cette notion lorsqu’elle est appliquée
concrètement aux politiques municipales. L’étude de dix contrats
récents met en lumière le fait qu’ils peinent à prendre en
considération cette dimension. Seul le cas de Paris semble rompre
avec cet état de fait. Toutefois, l’analyse des politiques mises en
œuvre dans cette ville révèle non seulement une distinction entre
violences se déroulant dans l’espace privé et dans l’espace public,
mais encore une occultation d’un point de vue féministe en faveur
d’une optique psychologisante. On peut donc dire qu’on assiste à une
double invisibilisation des violences envers les femmes.
[—
p. 71-94]
Corinne Lanzarini
—
Survivre à la rue. Violences faites aux femmes et relations aux
institutions d’aide sociale
Une analyse
différenciée des violences institutionnelles et des violences entre
pairs montre que les femmes sont sans cesse assignées à leurs
attributs dits « féminins ». Que ce soit les institutions qui tentent
de les éduquer dans un cadre domestique ou leurs pairs masculins qui
utilisent leurs « faiblesses » pour les engager dans une dépendance
sexuelle. La fuite des uns aboutit à une nouvelle dépendance vis-à-vis
des institutions d’aide sociale. Ces dernières, loin de soutenir ou de
créer une nouvelle organisation de vie, vont renforcer et tenter de
faire perdurer des rôles traditionnels quant aux femmes et aux hommes
à la rue : la femme dans l’espace domestique dont elle est comptable,
et l’homme dans la sphère professionnelle. [—
p. 95-115]
Michèle Salmona
— Des paysannes en France : violences, ruses et résistances
Les agricultrices
françaises, durant les cinquante dernières années, malgré les
difficultés de leur condition de femmes et de rurales (violences
professionnelles, économiques, sociales, etc.), grâce aux stratégies
individuelles et collectives qu’elles ont élaborées et déployées,
sont en réalité,
pour une part d’entre elles, en pointe dans les mouvements d’idées et
l’expérimentation des choix techniques et économiques qu’ils
véhiculent : les mouvements liés au développement durable, mais
également ceux qui promeuvent des modes d’organisation originaux basés
sur une solidarité étroite avec les associations de consommateurs, et
l’agriculture biologique
de type familial.
Ces mouvements d’idées et ces choix permettent d’envisager une
« autre mondialisation » et « un aménagement du territoire
différent ». Le territoire porte des réseaux d’agricultrices qui
retrouvent et réhabilitent les dimensions locales patrimoniales de ce
dernier : ce travail les entraîne à un apprentissage d’une pensée
politique et à des actions spécifiques liées à cette pensée.
[—
p. 117-140]
Marie Pezé
— Corps et travail
À l’hôpital, limiter
son regard thérapeutique à la construction du corps érotique au
travers des aléas de l’histoire infantile alors que le travail (sa
réglementation, son organisation, sa conception ergonomique, son coût,
ses effets organiques et psychiques) pénètre en force le matériel, est
une posture
clinique impossible à maintenir. Il apparaît plus fructueux de
« suivre » les patients dans leurs ateliers, leurs usines,
leurs bureaux. On perçoit alors la centralité du travail dans les
enjeux de la construction identitaire et les contraintes puissantes
qu’exerce, au travers du travail, le champ social sur l’identité
sexuelle souvent plus soumise aux caractéristiques sociales du
masculin et du
féminin qu’à la véritable perception de la différence des sexes.
[—
p. 141-164]
Claudia de Gasparo
— Harcèlement moral et sexuel : une approche sociologique
Encore marginale dans
ce débat, la sociologie permet d’analyser le harcèlement moral comme
un processus et comme le produit de rapports sociaux bien déterminés.
Cet article se base sur une enquête menée à partir des dossiers d’une
centaine de personnes « harcelées ». Une des hypothèses formulée est
que la notion de harcèlement moral permet d’éviter ou de canaliser des
conflits sociaux en dissimulant l’existence de rapports sociaux
antagoniques et ainsi masquer sous l’« étiquette » de harcèlement
moral des discriminations syndicales, de genre, racistes, ou encore
liées à l’âge ou à un handicap. Ainsi, des réalités qui sont
l’expression de rapports sociaux de sexe, comme le sexisme ou le
harcèlement sexuel, peuvent glisser du social à l’interindividuel et
ne pas apparaître en tant que telles.
[—
p. 165-187]
Maria
Bernardete Ferreira de Macêdo
— Femmes de ménage et veilleurs de nuit : une approche sexuée du
travail précaire dans un hôtel en France
Le présent article
résulte d’une enquête d’observation participante sur le travail des
femmes de ménage et des veilleurs de nuit dans un hôtel en France. Ces
activités, effectuées dans un cadre de « travail précaire », impliquent
toutes deux un engagement du corps, une disponibilité, une
adaptabilité, une organisation sociale et technique, une coopération
entre les acteurs, qui loin d’être symétriques mettent en
évidence la différenciation sexuée au travail. Les femmes de chambre
vivent la précarité du travail à travers une disponibilité permanente
liée à l’incertitude quant à la durée du travail, l’irrégularité des
horaires, la soumission aux exigences de la clientèle et du marché.
Ségrégation, sexuelle ou en fonction de la couleur de peau,
ségrégation professionnelle, vulnérabilité des femmes face à
l’employeur, dévalorisation
sociale et économique : tous ces facteurs se conjuguent sur ce poste
de travail dont la place est centrale au fonctionnement de
l’hôtel. De leur côté, les veilleurs de nuit, tous diplômés de
l’enseignement supérieur, s’ils ne subissent pas les mêmes
fluctuations, vivent la précarisation à travers un travail qu’ils
jugent socialement et économiquement dévalorisant.
[—
p. 189-208]
* * *
Dominique Memmi
— Une situation sans issues ? Le difficile face à face entre
maîtres et domestiques dans le cinéma anglais et français
La relation
maître-domestique est exemplaire d’une relation de domination
spécifique : celle qui s’exerce dans un constant face à face. Or elle
se décline de façon à la fois commune et divergente dans le cinéma
français et anglais des années trente à nos jours. Reflet du réel
social ? On suggère ici que ce qui se livre de cette relation de
domination c’est plutôt l’univers des pensables propre à un groupe
social spécifique : celui des cinéastes. Car le matériau filmique peut
aussi être considéré comme un lieu
parmi d’autres où
se choisissent et se « testent » dans l’imaginaire des
solutions à des problèmes générateurs d’angoisse sociale.
[—
p. 209-235]
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Abstracts
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Françoise Héritier
— Where
are the bases of violence ?
Rather than an
instinctive state inherent to human beings, violence is a reaction to
socialization. Constant elements impel the need for self-definition by
opposition and the classification into same and different
is at the basis of a feeling of
belonging. This is shaped by two moulds : the « among our own
kind » of consanguinity and territory, and that of
gender. Universal needs and affective
states are expressed in metaphors of the body, the territory,
seniority. It is the more or less organized manipulation of these
that creates violence. There is thus a logic of intolerance, of which
examples are given. A universal ethics, still to be built, is however
possible.
[—
p. 21-44]
Dominique Fougeyrollas-Schwebel and Maryse Jaspard
— Counting
violence against women. Institutional and theoretical context
of the
ENVEFF
survey
The debate on violence
against women has emerged today in the forefront of media concerns. It
is treated as a current affair topic, as a problem that affects the
whole of French society. The results of the National Survey of
Violence Against Women in France (ENVEFF),
the only available one in France, feed this discussion. In scientific
circles, there are still those who decry its legitimacy as a research
topic. However, the social and political perception of this phenomenon
has radically changed since 1997, the year when the idea of a
quantitative investigation into violence against women in France was
launched. That year, in an international context that was very
sensitive to this theme, the French scientific and political context
was specific. Compared to the countries of Northern Europe, France had
to make up for lost time on the question, but scientific circles,
including feminist researchers, remained relatively circumspect. In
order to better understand this context, this article sets in
historical perspective the evolution of public policies, and the
research and debates of feminist activists from the beginning of the
women’s movement up to the time that the government commissioned the
ENVEFF survey.
[—
p. 45-70]
Marylène Lieber
— The double invisibility of the violences made to the women
in the local contracts of French safety
This article explores the way in which local security contracts (CLS),
recent form of local security « law and order » policies, deal with
« violence against women ». It considers the significance of this
concept when applied concretely to municipal policies. The study of
ten recent contracts shows that they find it difficult to take account
of this dimension. Only the case of Paris seems to break with this
rule. However, an analysis of the functioning of municipal policies
reveals not only a distinction in practice between domestic (private)
violence and violence in public, but also an obscuring of the feminist
point of view in favour of a psychological approach. One can thus say
there is a dual process of making violence against women invisible.
[—
p. 71-94]
Corinne Lanzarini
— Surviving on the street. Violence against women
and
relations with social care institutions
A
differentiated analysis of institutional violence and violence among
peers shows that women are continuously assigned their « female »
characteristics, whether by institutions that try to educate them
within a domestic framework or their male peers who use their
« weaknesses » to involve them in a relationship of sexual dependence.
For some who escape this leads to a new dependence, on social care
institutions. These latter, far from supporting or creating a new
lifestyle, will reinforce and try to continue traditional roles for
homeless women and men : women in the domestic sphere for which she is
responsible, and men in the professional sphere.
[—
p. 95-115]
Michèle Salmona
— Country-women in France : violence, tricks
and resistances
Over the last fifty years, some French women farmers — through their
individual and collective action and in spite of the difficulties of
their condition as female and rural (work-related, economic and social
violence) — have been in the vanguard in the development of ideas and
the technical and economic experimentation that they have provoked.
This is true for movements related to the ideas of durable
development, and also those which promote original forms of
organization based on a close solidarity with consumer associations
and family — based organic agriculture. These movements and choices
make it possible to consider « another globalization » and « different
regional planning ». There are networks of women farmers who find and
rehabilitate the local patrimonial dimension. This experience brings
training in political thought and action.
[—
p. 117-140]
Marie Pezé
— Body and work
For medicine to limit
its therapeutic approach to the construction of sexuality to childhood
events while work — in its regulations, its organization, its
ergonomic effects, its cost, its organic and psychic effects —
strongly shapes the material existence of the patient is a clinical
stance that it is impossible to maintain. It appears more useful to
follow the patients in their workshops, their factories, their
offices. This reveals the centrality of work in identity construction
and the powerful constraints that the social field exercises — through
work — on sexual identity, which is often more subject to the social
characteristics of masculine and feminine than to a true perception
of the difference of the sexes.
[—
p. 141-164]
Claudia de Gasparo — Moral and sexual harassment : a sociological
approach
Although still
marginal in this debate, sociology makes it possible to analyse moral
harassment as a process and the product of well-defined social
relations. This article is based on a survey starting from the cases
of a hundred « harassed » people. One
of the hypotheses formulated is that the concept of moral harassment
makes it possible to avoid or channel social conflicts by
dissimulating the existence of antagonistic social relations and
masking under the « label » of moral harassment trade-union, gender or
racist discrimination, or other forms related to age or disabilities.
Thus, a reality that is the expression of gender relations, like
sexism or sexual harassment, can slip from being the social to the
interpersonal sphere and not be clearly recognised for what it is.
[—
p. 165-187]
Study
Maria Bernardete Ferreira de Macêdo
— Cleaning ladies and night watchmen :
a gendered approach to casualized work in a hotel in France
This article results from a study of the work of cleaning women and
night watchmen in a hotel in France. Both these activities, carried
out within a framework of « casualized work », involve physical
involvement, availability, adaptability, social and technical
organization, co-operation between the actors which, far from being
symmetrical, highlight gendered differentiation at work. The
chambermaids experience the casualization of work as permanent
availability related to uncertainty as to the duration of the work,
irregularity of schedules, submission to the requirements of the
customers and the market. Segregation, whether sexual, based on
skin-colour or professional, women’s vulnerability to the employer,
social and economic devalorization, combine in this job which plays a
central role in the functioning of the hotel. As far as they are
concerned, night watchmen, all graduated of higher education, while
they do not undergo the same fluctuations, experience casualization
through a job that they judge socially and economically devaluing.
[—
p. 189-208]
* *
*
Dominique Memmi
— A situation with no way out ? Masters and
servants in the English and French cinema
The
master-domestic relation is an example of a specific relation of
domination : it is exerted in constant face-to-face contact. However
it is shown in similar and differing ways in the French and English
cinema of the 1930s to the present day. Reflection of social reality ?
It is suggested here that what this
relation of domination reveals is in fact
« the universe of the thinkable »
of a specific social group : screenwriters. Films can also be
regarded as one of the places where solutions to socially-troubling
can be selected and tested in the realm of the imagination.
[—
p. 209-235]
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Auteures
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Maria Bernardete
Ferreira de Macêdo
est enseignante-chercheuse à
l’université
fédérale de Pernambuco (Brésil) et correspondante étrangère
du GERS-CNRS.
Elle consacre ses recherches à l’articulation des rapports
sociaux de sexe, à l’organisation du travail, à la santé et au
chômage.
— (2000).
« Trabalho, saúde e resistência : o caso das operárias e
operários de Rio Tinto, na Paraíba, Nordeste do Brasil – 1924-1991 ».
São Paulo, Pro-Posições,
2 (32).
— (1995). « Le vécu des femmes
dans une expérience prolongée du
chômage :
usage social du temps et santé ».
Cahiers du GEDISST,
n° 13.
Dominique Fougeyrollas-Schwebel
est
sociologue, chargée de recherche
au CNRS,
rattachée à l’IRIS-université Paris 9-Dauphine ; membre du comité de
rédaction des
Cahiers du Genre ;
codirectrice de la
collection « Bibliothèque du féminisme » aux éditions l’Harmattan. Ses
travaux
portent sur l’analyse des relations de service dans une approche
globale des transformations du salariat et des services
domestiques ; et sur les nouvelles approches de la violence et
l’impact du féminisme contemporain.
— (2001 ). « Les recherches féministes au sein du CNRS ». In Basch
Françoise et
al. (eds).
Vingt-cinq ans d’études féministes. L’expérience Jussieu.
Paris, CEDREF-université Paris 7.
— (2002). « Les paroxysmes de la
conciliation. Violence au travail et
violence du
conjoint » (avec Elisabeth Brown et Maryse Jaspard).
Travail, genre et sociétés,
n° 8.
Claudia de Gasparo
est historienne et sociologue, enseignante en histoire à l’école
secondaire de Camignolo (Suisse), doctorante en sociologie du travail
à l’universtié Paris 8 et membre du GERS-CNRS-université Paris 8.
Elle travaille sur :
« harcèlement moral », gestion des « ressources humaines » et
rapports sociaux de sexe.
— (1996). « Quand le marché fait école » (avec Dominique Dirlewanger,
Philippe Martin, Emmanuel Mejia, Luca Pellegrini, Suzanne Peters, Siro
Petruzzella et Gian Franco Pordenone). Lausanne, Éditions d’en Bas.
— (2003).
« Analyse
quantitative d’une cohorte de cent patients harcelés :
approche sociologique » (avec Marie Pezé). Documents pour le médecin
du travail.
Paris, INRS [à paraître].
Françoise Héritier
est professeure honoraire au Collège de France et à
l’École des hautes études en sciences sociales. Elle est anthropologue
(anthropologie sociale, anthropologie de la parenté, anthropologie
symbolique du corps). Ses recherches actuelles portent sur : parenté et alliance ;
fonctionnement des systèmes semi-complexes d’alliance ; identité,
inceste ; valence différentielle des sexes, substances, corps et
affects. Elle a notamment publié :
— (1994). Les deux sœurs et leur mère. Anthropologie de l’inceste.
Paris, Odile Jacob.
— (1996/2002).
Masculin/féminin 1. La
pensée de la différence ; 2. Dissoudre
la hiérarchie. Paris, Odile Jacob.
Helena Hirata
est
sociologue, directrice de recherche au GERS -
Genre et
rapports sociaux (Unité mixte de recherche CNRS-université Paris 8).
Ses recherches portent sur mondialisation et genre et sur les
comparaisons internationales du travail industriel et du chômage.
— (2002).
« Travail
et affects. Les ressorts de la servitude domestique ».
Note de recherche. Travailler, n° 8.
— (2003).
« Pour
qui sonnent les glas ? Mondialisation et division sexuelle du
travail ». In Bisilliat Jeanne (ed).
Regards des femmes
sur la globalisation.
Paris, Karthala.
Maryse Jaspard
est sociodémographe, maître de conférences à l'Institut de démographie
de l'université Paris 1-Panthéon-Sorbonne,
et chercheuse associée à l’Institut national d’études démographiques,
au sein de l’unité « Démographie,
genre et sociétés ». Assurant l'enseignement et la pratique
des enquêtes quantitatives, elle a réalisé des enquêtes
statistiques en milieu étudiant,
dans une perspective de rapports sociaux de sexe, sur la
contraception, la sexualité et la prévention du sida, les
violences... Dans le cadre de sa
participation à des groupes de recherche féministe, elle a
contribué à faire avancer le débat sur la légitimation des approches
statistiques dans les analyses en termes de genre.
Elle a
coordonné l'Enquête nationale sur les
violence envers les femmes en France (ENVEFF).
— (1997). La sexualité en France. Paris, La Découverte.
Corinne Lanzarini
est sociologue, maître de conférences à l’université
Paris 13-Bobigny et chercheuse au Centre de recherche sur les enjeux
contemporains en santé publique
(CRESP). Elle travaille sur les femmes en situation extrême.
— (1999). Les nouvelles figures du sous-prolétariat (avec
Patrick Bruneteaux). Paris, L’Harmattan « Le travail du social ».
— (2000). Survivre dans le monde sous-prolétaire. Paris, PUF.
Marylène Lieber
est doctorante en sociologie à l'université de Versailles -
Saint-Quentin en Yvelines
et membre du laboratoire Printemps.
De février 2000 à mars 2003, elle a été assistante de recherche pour
l’enquête financée par la Commission européenne, Genre et gestion
locale du changement dans sept pays de l’Union européenne, qui
portait sur la place des femmes dans le pouvoir local et l’impact de
leur présence sur les politiques publiques. Depuis avril 2003, elle
bénéficie d’une bourse de recherche pour jeune chercheuse du Fonds
national scientifique suisse.
Sa thèse porte sur les politiques publiques de sécurité en France
et plus exactement sur la façon dont les violences faites aux
femmes y sont intégrées. Son travail s’articule autour de deux axes.
D’une part, les politiques publiques avec notamment un travail sur les
catégories statistiques et, d’autre part, l’impact de la peur sur la
mobilité des femmes dans l’espace public.
— (2002). « Femmes, violences
et espace public : une réflexion sur les politiques de sécurité ».
Lien social et politiques « Le genre des politiques publiques. Des
constats et des actions », n° 47.
— (2002).
« Le sentiment
d'insécurité des femmes dans l'espace public :
une entrave à la citoyenneté ? ».
Nouvelles questions féministes, vol. 21, n° 1.
Dominique Memmi
est
directrice de recherche au CNRS (Cultures et sociétés
urbaines-CSU-IRESCO). Elle travaille sur les usages sociaux
et politiques du corps, mais aussi
sur la domination sociale qui s’exerce dans le face à face.
Elle analyse notamment les issues à ce type de domination sociale qui
se cherchent fantasmatiquement dans le matériau cinématographique.
Elle a publié sur ce sujet dans Vertigo (sur la représentation
revancharde des pauvres dans le cinéma américain), dans Politique,
la revue (sur les issues à la domination masculine vues du
côté féminin), dans Le Mouvement
social (sur les issues à la domination sociale dans le
cinéma ouvriériste britannique) et dans les Cahiers du Genre
(sur la domination sexuelle).
Marie Pezé
est docteur en psychologie, psychanalyste, membre du GERS-CNRS. Elle
dirige la consultation « Souffrance et travail » à l’hôpital de
Nanterre. Ses recherches portent sur l’indissociabilité du corps au
travail et du corps érotique dans le maintien d’un équilibre
psychosomatique comme dans l'analyse des décompensations. Les formes
pathologiques peuvent être infraliminaires comme la fatigue,
somatiques comme les Troubles musculosquelettiques (TMS), éthiques
comme les violences et le harcèlement au travail. L’étiologie, la
prise en charge pluridisciplinaire de ces manifestations de souffrance ne peut
en tout cas jamais faire l'économie de la place du féminin dans le
monde du travail.
— (2000). « Forclusion du féminin dans l’organisation du travail : le
harcèlement de genre ». Cahiers du Genre, n° 29 « Variations
sur le corps » (Pascale Molinier, Marie Grenier-Pezé eds).
— (2002). Le deuxième corps. Paris, La Dispute « Le
genre du monde ».
Michèle Salmona
est
psychologue et ethnologue. Elle a été cofondatrice,
en 1971, du Centre d’anthropologie économique
et sociale applications
recherches
(CAESAR). Elle a travaillé pendant quinze ans pour le
Commissariat au Plan sur le travail agricole et artisanal et sur le développement
régional. Elle a enseigné pendant vingt ans la psychologie du
travail à l’université Paris 10-Nanterre. Ses principaux thèmes de
recherche
actuels sont : le travail avec l’animal, le travail avec le végétal
et avec la terre. Sa thèse d’État a fait l’objet de deux ouvrages :
— (1994). Les paysans français, le travail, les métiers,
la transmission des savoirs. Paris, L’Harmattan.
— (1994). Souffrances et
résistances des paysans français.
Paris, L’Harmattan.
Danièle Senotier
est secrétaire de rédaction des Cahiers du Genre et membre de
l’unité mixte de recherche Genre et rapports sociaux (GERS-CNRS –
université Paris 8).
— (1998).
Sexes et sociétés.
Répertoire de la recherche en France
(avec Nathalie Cattanéo). Paris, La Documentation française
« Droits
des femmes ».
— (2000). Dictionnaire critique du féminisme (avec
Helena Hirata, Françoise Laborie, Hélène Le Doaré eds). Paris, PUF.
Cahiers du Genre ISSN : 1165-3558 n° 35
ISBN : 2-7475-5548-8
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