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n° 38 - Politiques de la
représentation et de l'identité
Recherches en
gender, cultural, queer studies
Coordonné par
Madeleine Akrich, Danielle Chabaud-Rychter, Delphine Gardey
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Ce numéro est consacré aux
gender, cultural et queer studies, à la façon dont elles bousculent et
interrogent nos disciplines. D’une contribution à l’autre, d’un
déplacement à l’autre, des voies, des modes de théorisation et
d’action pour saper les mises en ordre du monde instituées se
dessinent, démultipliant des formes de vie et dessinant des
micropolitiques qui visent à transformer la représentation, les
normes et le sens. |
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Sommaire |
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Dossier :
Politiques de la représentation et de l'identité.
Recherches en gender, cultural, queer studies
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Madeleine
Akrich, Danielle Chabaud-Rychter, Delphine Gardey
Introduction
Lire l'introduction au format pdf
Notice biographique Akrich
Notice biographique Chabaud-Rychter
Notice biographique
Gardey |
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Judith
Butler
Préface à la seconde édition (1999) de Gender Trouble. Feminism and
the subversion of identity
Résumé
Abstract
Notice biographique |
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Liane Mozère
Devenir-femme chez Deleuze et Guattari. Quelques éléments de
présentation
Résumé Abstract
Notice biographique |
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Geneviève Sellier
Gender studies
et études filmiques
Résumé Abstract
Notice biographique |
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Maneesha Lal
Politiques
médicales et politiques du genre dans l'Inde coloniale : le Fonds de
la comtesse de Dufferin,
1885-1888
Résumé Abstract
Notice biographique |
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Ingunn Moser
De la
normalisation aux cyborg studies : comment repenser le
handicap
Résumé Abstract
Notice biographique |
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Cynthia Kraus
Anglo-American
Feminism made in France : crise et critique de la représentation
Résumé Abstract
Notice biographique |
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Hors-champ
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Anouk Guiné
Multiculturalisme et genre : entre sphères publique et privée
Résumé Abstract
Notice biographique |
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Lecture d'une oeuvre
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Béatrice Appay
Delphy, un apport incontournable à la sociologie
Notice biographique |
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Notes de lecture
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— Madeleine
Hersent et Claude Zaidman (eds). Genre, travail et migrations en
Europe (Isabelle Rigoni)
— Éliane Gubin,
Catherine Jacques, Florence Rochefort, Brigitte Studer, Françoise
Thébaud et Michelle Zancarini-Fournel (eds). Le siècle des
féminismes (Delphine Naudier)
— Jacqueline
Coutras. Les peurs urbaines et l’autre sexe (Danièle Kergoat)
— Laroussi Amri.
La femme rurale dans l’exploitation familiale. Nord-Ouest de la
Tunisie. Pour une sociologie des ruptures (Marguerite Rollinde)
— Dialogue
« Les grands-parents » (Isabelle Bertaux-Wiame)
— Michèle
Ferrand. Féminin Masculin (Agathe Gestin)
—
Catherine
Marry. Les femmes ingénieurs, une révolution respectueuse
(Catherine Nave-Bekhti)
— Claire Cossée,
Emmanuelle Lada et Isabelle Rigoni (eds). Faire figure
d’étranger. Regards croisés sur la production de l’altérité
(Stéphane Le Lay)
[Notes de lecture — p. 223-251] |
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Les Cahiers du Genre ont reçu
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Ouvrages
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Cahiers du Genre, n° 38 — 269
pages — mars 2005 |
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Résumés
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Judith Butler
— Préface à la seconde édition (1999) à Gender Trouble.
Feminism and the subversion of identity
Qu’est-ce que le
genre ? Dans ce livre, publié pour la première fois en 1990, Judith
Butler affirme que le genre n’exprime pas une essence, une disposition
naturelle — le sexe —, mais qu’il est l’effet, naturalisé, stabilisé
et sédimenté d’une per-formance. Cela veut dire qu’il n’y a pas de genre avant ou en dehors des
pratiques qui le produisent, de manière soutenue et répétée.
Cette répétition a la force performative d’un rite convenu par
l’hétérosexualité obligatoire. Mais c’est aussi pour cette même raison
que la répétition est, en puissance, toujours subversive. Cette
affirmation radicale a des conséquences fondamentales sur notre
manière d’envisager le sexe biologique, les identités de genre, le
désir et la sexualité. La question n’est plus tant d’abolir le
pouvoir, le genre, ou même le sexe, de faire table rase, comme si
c’était possible, mais de les reprendre « de travers », par le
détournement de sens, le foisonnement des pratiques et la subversion
des identités.
Dans ce livre
désormais classique pour les recherches féministes, les études genre, les études gaies et
lesbiennes, et fondateur de la théorie queer, Butler
cherche à identifier les tactiques, locales, pour subvertir
l’hétérosexualité obligatoire en exploitant les failles de ce régime
politique. Elle donne la réplique à Michel Foucault, Sigmund Freud,
Luce Irigaray, Julia Kristeva,
Claude Lévi-Strauss, Monique Wittig pour repenser, avec et contre
eux, les liens entre le sexe, le genre et la sexualité. En jetant le
trouble dans nos catégories fondamentales de pensée et d’action, elle
explore une voie nouvelle où la subversion des normes hétérosexuelles
peut devenir une façon de dénaturaliser ces mêmes normes, de résister
au pouvoir pour, finalement, ouvrir le champ des vies possibles. [— p. 15-42]
Cet article a été publié en prépublication
à la version française complète de l’ouvrage (La Découverte, mars
2005)
Genre
— Sexualité — Queer — Norme hétérosexuelle — Subversion — Performance
— Post-structuralisme — Subjectivité
Liane
Mozère
— Devenir-femme chez Deleuze et Guattari. Quelques éléments de
présentation
Reprenant
les analyses développées par Gilles Deleuze et Félix Guattari, cet article présente et interroge
le concept de devenir-femme. Des féministes anglo-saxonnes (Buchanan, Colebrook
2000) ont critiqué la première lecture très négative que les féministes
avaient faite de ce concept. L’auteure amorce ici une
proposition de lecture qui s’appuie sur le fait qu’être femme favorise
mais ne garantit pas nécessairement un devenir-femme, que Deleuze et
Guattari définissent bien davantage comme un autre rapport à soi et au
monde, une
« autre
manière de sentir »
et d'être affecté. Ce texte n'est qu'un work in progress qui
sera poursuivi pour mieux cerner et montrer la richesse d'un tel
concept pour les femmes, les hommes, et le féminisme. [— p. 43-62]
Normes
— Devenir —
Minorités — Résistances — Subversion — Identités — Désir —
Institutions — Micropolitique
Geneviève Sellier
— Gender studies et études filmiques
Constatant la
résistance des études filmiques aux gender studies en France,
l’article montre le lien entre la cinéphilie — invention française —
et une vision masculine de la création, prônant une esthétique
formaliste et un panthéon de
« grands auteurs »
masculins. En revanche, les gender studies, en plein
développement dans les pays anglophones, mettent en avant la dimension
sexuée des productions filmiques et le rapport de domination qui s’y
construit. Nées dans les années soixante-dix, ces recherches proposent
une analyse critique du cinéma hollywoodien dominant, une redécouverte
des femmes cinéastes et des genres destinés aux femmes au cinéma, puis à la télévision, et prônent une attention nouvelle aux
identités et aux rapports de sexe dans les représentations
audiovisuelles ainsi que dans leur réception. [— p. 63-85]
Cinéma
— Gender
studies — Cultural studies — Rapports de sexe — Domination masculine —
Création — Cinéphilie
Maneesha
Lal
— Politiques médicales et politiques du genre dans l’Inde
coloniale : le Fonds
de la comtesse de Dufferin, 1885-1888
Le Fonds de la
comtesse de Dufferin, ou Association nationale d'aide médicale aux
femmes indiennes, a été fondé en 1885 par Lady Dufferin, vice-reine
des Indes. Instituer pour dispenser des connaissances et une aide médicales aux Indiennes
en finançant la formation d’un personnel médical féminin et en
encourageant la construction d’hôpitaux pour les femmes et les
enfants, le Fonds Dufferin révèle les liens qui, dans le domaine de la médecine féminine, rattachaient la
Grande-Bretagne au joyau de ses colonies. Persuadés que les femmes hindoues
et musulmanes ne feraient jamais appel à des médecins hommes,
les Britanniques usèrent de cet argument pour offrir à leurs
compatriotes de sexe féminin des possibilités d’étudier la médecine et
de l’exercer, dans les colonies comme en métropole. Bien que théoriquement
indépendant, le Fonds Dufferin a défendu les intérêts du gouvernement colonial britannique, lequel s’attribua le mérite de ses
réalisations et présenta comme des
bienfaits du pouvoir colonial l’introduction de la médecine
moderne et les améliorations apportées au statut des femmes. [— p. 87-126]
Cet article, dans
une version plus longue, a été tout d’abord publié en 1994
sous le titre « The Politics of
Gender and Medicine in Colonial India: The Countess of
Dufferin’s Fund, 1885-1888 », dans le Bulletin of the History of
Medicine, vol. 68, p. 29-66.
© The
John Hopkins University Press. Republié avec la permission de The John
Hopkins University Press.
Grande-Bretagne
— Inde coloniale — Politiques coloniales — Médecines — Santé des
femmes — Médecine féminine — Philanthropie
Ingunn Moser
— De la normalisation aux cyborg studies : comment repenser le
handicap
Dans cet article,
sont passés en revue un ensemble de discours qui s’interrogent sur la
question de ce qui est « humain » et « normal ». Il s’agit de savoir
dans quelle mesure ils pourraient servir le projet de subvertir les
normes de validité et de handicap et de reconsidérer ce qu’on estime
humain, normal et valide. Je montre tout d’abord que la normalisation,
comme stratégie pour l’insertion des personnes handicapées dans la
communauté, essaie de les intégrer par des moyens relevant de
manœuvres d’exclusion et qu’elle est donc vouée à l’échec. Le discours
prothétique a l’intérêt de normaliser la prothèse, mais néglige de
questionner le moi ou la subjectivité normative, et finalement
reproduit la définition classique du sujet individualisé. En revanche,
le discours de l’acteur-réseau abandonne le sujet humain individualisé
comme seul point de départ possible et se questionne sur la manière
dont ce type de représentation et de subjectivité peut exister. Le
discours de l’acteur-réseau situe la validité et le handicap sur un
pied d’égalité, comme résultant de la manière dont l’ensemble
particulier de relations auxquelles nous participons est aménagé et
organisé. Mais il ne peut rendre compte des efforts déployés par les
personnes afin d’assurer une
continuité et des relations entre les positions diverses qu’elles
occupent dans les différents réseaux. Dans le discours cyborg,
féministe et radical, le cyborg, que l’on s’est approprié, est
distordu, transformé et redessiné pour nous aider à exprimer de
nouvelles figures de la subjectivité et de l’humanité. Le cyborg nous
aide à incorporer des subjectivités complexes, hétérogènes et en
partie reliées, mais aussi une humanité plus ouverte et plus
inclusive. [— p. 127-162]
Normalisation
— Handicap — Cyborg — Insertion sociale — Corps — Acteur-réseau —
Technologie — Cyberculture — Subjectivité
Cynthia
Kraus
—
Anglo-American Feminism made in France : crise et critique de la
représentation
Cet article se propose
d’analyser la nature et les modes de la résistance que rencontrent les productions
intellectuelles anglo-américaines, en premier lieu dans le
village des irréductibles Gauloises. Il examine comment la distribution
d’oppo-sitions dichotomiques (entre essentialisme et constructivisme, antiféminisme et féminisme,
sexe et genre) selon l’axe transatlantique permet aux féministes françaises non
seulement de déconstruire ce que les Américaines ont appelé
French Feminism, mais aussi, surtout, de se définir elles-mêmes
contre le premier. La rhétorique binationale permet aussi aux
féministes françaises d’anglo-américaniser les questions féministes autour
du concept de genre. Reformuler « le problème genre » comme un problème de
représentation, devrait permettre de mieux voir comment l’Anglo-American
Feminism made in France contient une crise de la
représentation parmi les féministes ici et maintenant. [— p. 163-189]
Représentation
— Genre —
French Feminism — Anglo-American Feminism — Politique de la science —
Recherches féministes
Anouk Guiné
— Multiculturalisme et genre : entre sphères publique et privée
Les tensions entre
universalisme et particularisme posent la question des limites de la
différence culturelle et du droit des membres d’un groupe ethnique à
cette différence. Jusqu’où peut-on aller dans la reconnaissance et la
protection des spécificités culturelles, donc des droits culturels du groupe ? Le droit à la
reconnaissance est-il souhaitable dès lors qu’il restreint la liberté d’une partie des membres
du groupe ? Certains courants de pensée britanniques sur la
diversité culturelle relèguent celle-ci à la sphère privée, d’autres
l’associent à la sphère publique. Dans les deux cas, la vision du
groupe est homogénéisante, seule
l’identité collective est prise en compte, au détriment du
droit des individus et en particulier des droits individuels des
femmes. À travers le cas de l’excision pratiquée en Grande-Bretagne
dans l’immigration somalienne, il s’agit de montrer comment la
compatibilité entre culture des
spécificités et idéaux égalitaires relève de la responsabilité
de l’État, et passe avant tout par la protection des individus
lorsqu’une pratique coutumière les met en danger. [— p. 191-211]
Multiculturalisme
— Grande-Bretagne — Public — Privé — Excisin — « Race » — Ethnicité —
Politiques migratoires — Somalie
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Abstracts
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Identity and representation
politics. Research in gender, cultural, queer studies
Judith Butler
—
Preface to the second edition (1999) of Gender Trouble. Feminism
and the subversion of identity
What
is gender? In this book, published first in 1990, Judith Butler states
that gender does not express the essence, a natural disposition — the
sex — but is the naturalised, stabilised and silted up effect of a
performance. This is to say that there is no gender before the
practices that produce it in a repeated and constant fashion. This
repetition has the per-formativity
of a necessary rite for compulsory heterosexuality. But it is also for
the same reason that repetition is always, potentially, subversive.
This radical statement has deep-going consequences on our way of
understanding biological sex, gender identities, desire and sexuality.
The question is not so much to abolish power, gender or even sex, to
sweep every-thing
away, as if that was possible, but to take them “backwards” by
redirecting our senses, a flowering of different prac-tices,
and subverting identities.
In this book, now a classic for feminist research, gender studies, gay
and lesbian studies and a founding stone of queer studies, Butler
seeks to identify the local tactics, for subverting compulsory
heterosexuality by exploiting the cracks in this political regime. She
takes up Michel Foucault, Sigmund Freud, Luce Irigaray, Julia
Kristeva, Claude Lévi-Strauss, Monique Wittig in order to rethink,
with and against them, the links between sex, gender and sexuality. By
troubling our fundamental categories of thought and action she
explores a new path where the subverting of heterosexual norms can
become a way of denaturing those same norms, resisting power in order,
in the end, open the field to possible lives. [— p. 15-42]
Liane Mozère
— Becoming a woman in Deleuze and Guattari
Taking the analyses developed by Gilles Deleuze and Félix Guattari,
this article presents and questions the concept of becoming a woman.
Anglo-Saxon feminists (Buchanan, Colebrook 2000) have criticised the
first very negative reading that feminists made of this concept. The
author starts here a reading that is based on the fact that being a
woman helps but does not guarantee becoming a woman, Deleuze and
Guattari define this much more as another relationship to oneself and
the world, « another way of feeling » and to be affected. This text is
only a work in progress that should be continued to better understand
and show the richness of such a concept for women, men and feminism. [— p. 43-62]
Geneviève Sellier
— Gender studies and film studies
Noting the resistance of film studies to gender studies in France,
this article shows the link between “cinephilia” — a French invention
— and a masculine vision of creation, glorifying a formalist aesthetic
and a masculine pantheon of masculine auteurs. Gender studies on the
other hand, which are in full swing in English-speaking countries,
highlight the gendered dimension of film production and the relations
of domination that exist in the sector. Creation of the 1970s, this
field of research offers a critical analysis of Hollywood cinema, a
rediscovery of women film-makers and of genres addressed to women,
first in the cinema and then in television, and advocates giving
renewed attention to sex and gender identities and relations in
audiovisual representation and in their reception. [— p. 63-85]
Maneesha Lal
— The politics of gender and medicine in Colonial India: The
Countess of Dufferin’s Fund, 1885-1888
The
Countess of Dufferin’s Fund, or the National Association for Supplying
Female Medical Aid to the Women of India, was established in 1885 by
Lady Dufferin, vicereine of India. Set up to provide medical knowledge
and aid to Indian women by financing the training of female medical
personnel and promoting the construction of hospitals for women and
children, the Dufferin Fund reveals the ideological and structural
links between Great Britain and her jewel colony in the arena of
women’s medicine. The English belief that Hindu and Muslim women would
not see male physicians became a key argument in promoting
opportunities for British women in medical education and employment,
in the colonies and at home. Although formally independent, the fund
advanced the interests of the British colonial government, which took
credit for the fund’s accomplishments and cited modern medicine and
improvement in the status of women as benefits of colonial rule.
[— p. 87-126]
Ingunn Moser
— From normalisation to cyborg studies: Rethinking disability
In
this essay I have surveyed a set of somewhat overlapping discourses
which question what is human and normal. I have explored whether and
how they can be appropriated for a project to subvert the norms of
ability and disability, and to refigure what counts as human, normal
and abled. As I argue here, normalisation — as a strategy to include
disabled people into the community — attempts to include by means of
an exclusive manoeuvre, and thus is doomed to fail. Prosthetic
discourse normalises the prosthesis, but neglects to query the self or
normative subjectivity, and allows the individualised human actors to
stand centre stage. In contrast, the actor-network discourse abandons
the individualised human subject as the only possible starting point,
and asks how this kind of agency and subjectivity is rendered
possible. Actor-network discourse places ability and disability on an
equal footing, as the result of how specific sets of relations of
which we are part, is arranged and organised. But still, the
actor-network discourse cannot account for the struggles to create
continuity and to establish connections — the struggles to retain
one’s place in a few subject positions and to create connections
between them. This struggle is possible from within the cyborg
discourse : in this feminist and radical discourse, the cyborg is
appropriated, twisted, turned and refigured to help us articulate new
figures of subjectivity, as well as of humanity. Cyborg help us to
embody complex, heterogeneous, partially related subjectivities, as
well as a more open and inclusive humanity.
[— p. 127-162]
Cynthia Kraus
— Anglo-American Feminism made in France: crisis and critique of
representation
This
article sets out to analyse the nature and forms of the resistance
which Anglo-American productions encounter, first of all in the
village of the undefeated Gallic women. It studies how the
distribution of dichomotic oppositions (between essentialism and
constructivism, anti-feminism and feminism, sex and gender), depending
on the transatlantic positioning, makes it possible for French
feminists no only to deconstruct what Americans have called French
Feminism, but above all to define themselves against the former. The
binational rhetoric also makes it possible for French feminists to
Anglo-Americanise feminist questions around the gender concept.
Reformulating the “gender problem” as a problem of represen-tation
should make it possible to see better how Anglo-American feminism made
in France contains a crisis of represen-tation
among feminists in the here and now. [— p. 163-189]
* *
*
Anouk
Guiné
— Multiculturalism and gender: between the public and private
spheres
The
tensions between universalism and specificity pose the question of the
limits of cultural difference and the right of members of an ethnic
group to their difference. How far can we go in the recognition and
protection of cultural specificities, thus of the cultural rights of a
group? Is the right to recognition desirable if it restricts the
freedoms of some members of the group? Some British currents of
thought on cultural diversity relegate this to the private sphere,
others to the public sphere. In both cases the vision of the group is
homogenising, only the collective identity is taken into account to
the detriment of individual rights and in particular the individual
rights of women. Through the case of excision practised in Britain
within the Somali immigrant community the article shows how the
compatibility between the culture of specificities and egalitarian
ideals comes under the responsibility of the state and requires above
all the protection on individuals when a customary practice puts them
in danger. [— p. 191-211]
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Auteures
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Madeleine Akrich
est sociologue, directrice du Centre de sociologie de l’innovation
(École nationale supérieure des Mines de Paris). Ses travaux portent
sur la sociologie des techniques, et se concentrent actuellement sur
le domaine de la santé et de la médecine.
— (1996). Comment
la naissance vient aux femmes. Les techniques de l'accouchement en
France et aux Pays-Bas (avec
Bernike Pasveer).
Paris, Les Empêcheurs de penser en rond.
— (1999). « La
péridurale, un choix douloureux ». Cahiers du genre, n° 25 « De
la contraception à l’enfantement. L’offre technologique en question »
(Akrich Madeleine, Laborie Françoise, eds).
Béatrice Appay
est sociologue, chercheuse au CNRS et membre du
Centre de recherche
sur les liens sociaux
(CERLIS) de
l’université Paris 5. Ses recherches portent sur les transformations
actuelles du travail, la précarisation et l’autonomie contrôlée.
— (2002). « Vers une
nouvelle rationalisation du travail ? Le cas de la grande
distribution ». Sociologia del lavoro, vol. 1, n° 85.
— (2004). L’autonomie contrôlée et la précarisation sociale.
Contribution
à l’analyse des conséquences de la concentration économique sur le
travail.
Université Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines. Habilitation à
diriger des recherches (3 vol.).
Judith Butler
est Maxine Elliot Professor dans les départements de rhétorique
et de littérature comparée à l’université de Berkeley en Californie
(États-Unis). Elle a publié plusieurs livres et de nombreux articles
sur la philosophie, la théorie féministe et la théorie queer.
— (2004). Undoing Gender. Boca Raton (Fla.), Routledge, Taylor
& Francis Group.
Parmi ses publications en français (cf. la bibliographie de son texte
dans ce numéro) :
— (2002). Marché au sexe (avec Gayle Rubin). Paris, Epel.
Danielle
Chabaud-Rychter
est sociologue au
laboratoire Genre, travail,
mobilités (CNRS, universités Paris 10 et Paris 8 – ex GERS, Genre et
rapports sociaux). Ses recherches portent sur l’innovation de produits
dans les industries de consommation et sur les relations entre
letechniques et le genre. Elle travaille actuellement sur l’analyse
sensorielle et sa normalisation, et sur l’usage des techniques
domestiques.
— (1997).
« L’industriel et le domestique dans la conception d’appareils
électroménagers ». Cahiers du Gedisst, n° 20 « Genre et
techniques domestiques » (Chabaud-Rychter Danielle, ed).
— (2002). « La
neutralité des techniques à l’épreuve de la critique » (avec Delphine
Gardey). In Chabaud-Rychter Danielle, Gardey Delphine (eds).
L’engendrement des choses. Des hommes, des femmes et des techniques.
Paris, Éditions des archives contemporaines.
Delphine Gardey
est historienne et sociologue au Centre de
recherche en histoire des sciences et des techniques (Cité des
sciences et de l’industrie/CNRS). Ses travaux portent sur l’histoire
et la sociologie du travail, des techniques et du genre et sur les
relations sciences/genre/technique. Elle travaille actuellement sur
trois chantiers principaux : les techniques d’information
(1880-1940) ; la sténographie comme technologie démocratique (autour
du compte rendu des Débats à l’Assemblée nationale) ; le corps féminin
aux prises avec les technologies du vivant au XXe siècle.
— (2000).
L’invention du naturel. Les sciences et la fabrication du féminin et
du masculin (avec Ilana löwy, eds). Paris, Éditions des archives
contemporaines.
— (2001). La
dactylographe et l’expéditionnaire. Histoire des employés
de bureau (1890-1930).
Paris, Belin.
Anouk Guiné
est doctorante en
études de genre et études anglophones à l’université Blaise Pascal,
Clermont-Ferrand. Ses travaux portent sur : multiculturalismes,
ethnicité, racialisation, politique d’appartenance, genre et
citoyenneté.
— (2000).
« ‘Mutilación Genital Femenina’ y Ley en Gran Bretaña ». Symposium
O Desafio da Diferença : Articulando Raça, Clase e Gênero,
Université fédérale de Bahia (UFBA), Brésil, Avril.
CD-ROM, Institute of Latin American Studies, University of London,
School of Advanced Study.
— (2003). « État,
droits des individus et droits culturels : l’excision en
Grande-Bretagne aujourd’hui ».
In
Spensky Martine (ed).
Citoyenneté(s).
Perspectives internationales.
Clermont-Ferrand, Presses universitaires Blaise Pascal – CRCEMC.
Cynthia Kraus est philosophe. Actuellement maître de conférence, elle
enseigne la « Sociologie des sciences dans une perspective de genre »
à l’Institut de sociologie des communications de masse de l’Université
de Lausanne (UNIL), Suisse. Elle enseigne aussi à la Faculté de
Biologie et de Médecine de l’UNIL avec un module intitulé « La science
a-t-elle un sexe ? » De 1997 à 2000, Visiting Scholar au
département de rhétorique de l’Université de Berkeley en Californie
(États-Unis) dans un laboratoire spécialisé dans l’étude du gène qui
code pour le sexe de la drosophile. Membre du comité de rédaction de
la revue Nouvelles questions féministes. Ses recherches se
situent à l’intersection de la théorie féministe, de l’épistémologie
et des études sociales des sciences.
— (2005). « Not-nothing: Of ‘Epistemic Covetousness’ in Knowledge
Economies ». À
paraître dans « After Social Construction ».
A
Journal of Knowledge, Culture and Policy,
special issue [disponible en ligne:
http://www.criticalmethods.org/p93.mv].
— (2005).
Traduction française de : Judith Butler (1999 [1990]).
Gender Trouble. Feminism and the Subversion of Identity.
New York,
Routledge [à paraître : Paris, La Découverte, mars 2005 ; extraits
parus en prépublication du livre dans Raisons politiques,
vol. 12, n° 2, 2003].
Maneesha Lal
enseigne l’histoire de l’Asie du Sud, l’histoire de la médecine, et
l’histoire des femmes et du genre à Binghamton University (State
University of New York, Etats-Unis). En France entre 1999 et 2003,
elle a bénéficié de bourses postdoctorales du ministère de la
Recherche français et a travaillé à l’Institut de recherches avancées
de l’Université Columbia à Reid Hall (Paris) ; elle a également eu une
bourse de la Fondation Wellcome Trust à Londres. Elle termine un
ouvrage sur l’histoire des femmes médecins en Inde coloniale.
— (2003). « ‘The Ignorance of Women is the House of Illness’: Gender,
Nationalism and Health Reform in Colonial North India ». In Andrews
Bridie, Sutphen Mary P. (eds). Medicine and Colonial Identity.
London, Routledge.
— (2005). « Purdah as Pathology: Gender and the Circulation of Medical
Knowledge in Late Colonial India ». In Hodges Sarah (ed).
Reproductive Health in India: History, Politics, Controversies.
New Delhi, Orient Longman.
Ingunn Moser
est chercheuse associée au Centre for Technology,
Innovation and Culture de l’Université d’Oslo en Norvège. Elle mène
depuis plusieurs années des recherches sur le handicap, avec un
intérêt particulier pour les relations entre technologies, corps et
subjectivité.
— (2003). Road Traffic Accidents: The Ordering of Subjects, Bodies
and Disability.
Unipub Forlag, Oslo [Thèse de doctorat publiée].
Dans le contexte
de ce numéro des Cahiers du genre, les lecteurs
pourront aussi être intéressés par :
— (à
paraître). « Sociotechnical Practices and Difference: On the
Interferences between Disability, Gender and Class ». Science,
Technology and Human Values.
Liane Mozère
est professeure de sociologie à l’université de Metz, membre de
l’Équipe de recherche d’anthropologie et de sociologie de l’expertise
(ERASE, Metz), et membre associée à l’Institut de recherche
interdisciplinaire en socioéconomie (IRIS, université Paris 9 –
Dauphine). Ses travaux portent sur le changement social et la manière
dont il s’articule avec des modes de subjectivation chaque fois
singuliers. Différents champs empiriques sont ainsi analysés : petite
enfance, genre, migrations, mondialisation, mutations urbaines,
développement et économies souterraines.
— (2004). « Des
domestiques philippines à Paris : un marché mondial défini en termes
de genre ? » Journal des Anthropologues, n° 96-97.
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Geneviève
Sellier
est professeure en études cinématographiques à
l’université de Caen. Ses travaux portent sur « analyse gender
des représentations dans le cinéma français des années trente à la
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dans la presse ‘sérieuse’ et ‘populaire’ ».
— (eds) (2004).
Culture d’élite, culture de masse et différence des sexes (avec
Éliane Viennot). Paris, L’Harmattan « Bibliothèque du féminisme ».
— (2005).
La Nouvelle
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Paris, Éd. du CNRS [à paraître].
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Les
Cahiers du Genre ont reçu
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Halperin David M. (2004). Oublier Foucault : mode d’emploi.
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Silvera Rachel, Buseyne Nadja,
Donlevy-Gomes Vicki (2004). Articuler vie
professionnelle et vie personnelle. Les expériences des projets Equal
français 2001-2004. Paris, Racine « Les cahiers », 170 p.
ISSN
1165-3558
ISBN 2-7475-7991-3 |
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