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n° 40/2006 -
Travail et mondialisation.
Confrontations Nord / Sud
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Comment le genre détermine-t-il les formes que prend la mondialisation
et comment cette dernière affecte-t-elle différemment le travail des
femmes et celui des hommes ? Telles sont les questions abordées dans
ce numéro, dont les articles portent notamment sur le travail — celui
des ouvrières dans les usines du Sud, celui des « femmes de service »
dans les villes du Nord et celui des « hommes
en armes »
au Sud et au Nord — mais aussi sur la prostitution, le devenir des
villes globales et l'essor des mouvements féministes.
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Sommaire |
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Dossier :
Travail et mondialisation.
Confrontations Nord / Sud
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Jules Falquet,
Helena Hirata et Bruno Lautier
Les nouveaux paradoxes
de la mondialisation (Introduction)
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Jules Falquet
Hommes en armes et femmes "de service" : tendances néolibérales dans
l'évolution de la division sexuelle et internationale du travail
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Bruno Lautier
Mondialisation, travail et genre : une dialectique qui s'épuise
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Saskia Sassen
Vers une analyse alternative de la mondialisation : les circuits de
survie et leurs acteurs |
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Laura Oso Casas
Prostitution et immigration des femmes latino-américaines en Espagne |
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Natacha
Borgeaud Garciandía
La vie sous-traitée des ouvrières des maquilas du Nicaragua |
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Liliana Rolfsen
Petrilli Segnini
Accords dissonants : rapports salariaux et rapports sociaux de sexe
dans des orchestres |
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Elsa Galerand
Retour sur la genèse de la Marche
mondiale des femmes (1995-2001). Rapports sociaux de sexe et
contradictions entre femmes |
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Stéphanie Tawa
Lama-Rewal
Le local et le global dans le mouvement indien des femmes |
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Hors-champ
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Roland Pfefferkorn
Des femmes chez les sapeurs-pompiers |
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Notes de lecture
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Yvonne Knibiehler et Gérard Neyrand.
Maternité et parentalité
(Michèle Ferrand)
— Caroline
Moulin. Féminités adolescentes (Isabelle Clair)
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Françoise Collin et Irène
Kaufer. Parcours
féministe [et] Christelle Taraud. Les féminismes en
questions. Éléments pour une cartographie (Éléonore Lépinard)
—
Xavière Gauthier.
Paroles d'avortées. Quand l'avortement était clandestin (Liane Mozère)
— Terrain. « Homme/Femme »
(Anne-Marie Devreux)
— Langage et société.
« Hommes/femmes : langues,
pratiques, idéologies » (Agathe
Gestin)
— Marie-Hélène
Bourcier. Sexpolitiques. Queer Zones 2
(Maxime Cervulle)
— Hélène
Buisson-Fenet. Un sexe problématique : l'Église et
l'homosexualité masculine en France (1971-2000) (Pierre Tripier)
— Cynthia
Cockburn. The line. Women,
Partition and the Gender Order in Cyprus (Anne-Marie
Devreux)
— Recherches féministes.
« Féminisme, mondialisation et altermondialisation » (Roland
Pfefferkorn)
[Notes de lecture — p. 231-259] |
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Cahiers du Genre, n° 40 — 270
pages — avril 2006 |
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Résumés
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Jules Falquet
— Hommes en armes et femmes « de service » : tendances néolibérales
dans l’évolution de la division sexuelle et internationale du travail
Ce travail tente
d’analyser l’évolution de la division sexuelle et internationale du
travail dans le cadre néolibéral, en croisant les dimensions
patriarcales, capitalistes et racistes, et en observant plus
particulièrement le marché du travail informel, considéré comme
caractéristique de la mondialisation. S’y détachent deux figures, la
deuxième étant en grande partie créée par la première : l’homme en
armes et la femme « de service » (« travailleuse domestique » ou
« travailleuse sexuelle »). Pour de vastes pans des secteurs non
privilégiés de la population, il s’agit désormais du principal horizon
dans le domaine de « l’emploi ». Précaires, souvent mal rémunérés et
peu reluisants pour qui les exerce, ces « emplois » tristement
emblématiques sont pourtant au cœur de la réorganisation néolibérale
du travail.
[— p. 15-37]
Mondialisation — Néolibéralisme — Division
internationale du travail — Services — Armes (hommes en) — Travail
informel — Prostitution
Bruno Lautier
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Mondialisation, travail et genre : une dialectique qui s’épuise
Cet article cherche à clarifier les
relations entre trois questions : celle de la mondialisation, celle du
travail et celle du genre. Dans un premier temps sont distinguées
quatre formes principales de mondialisation, et est discutée la
question de sa nouveauté, ainsi
que celle
de savoir si le travail lui-même est mondialisé. L’article développe
ensuite la relation travail-genre-mondialisation : la mondialisa-tion
transforme de façon différenciée selon le genre le rapport au
travail ; mais, en retour, les formes de la mondialisation sont
étroitement dépendantes des rapports de genre au travail. Pour finir
est examinée la question de la pérennité d’une mondialisation qui
s’alimente de la prédation d’une
sphère domestique qu’elle sature et épuise.
[— p. 39-65]
Mondialisation
— Travail — Division internationale du travail — Services
— Migrations — Libéralisme
Saskia Sassen
— Vers une analyse alternative de la mondialisation : les circuits
de survie et leurs acteurs
De nombreuses femmes
migrent dans le cadre de la mondialisation : elles partent pour
s’occuper du service domestique, garder des d’enfants, devenir
infirmières, ou exercer la prostitution; elles utilisent aussi la
filière de mariages arrangés. Cette migration est le résultat de
conditions ou de dynamiques très diverses dont on peut se demander si
elles sont en rupture ou en continuité avec les anciennes histoires
bien répertoriées de migration et d’exploitation. Il faut se situer à
deux niveaux : d’un côté, les activités souvent traditionnelles,
qu’elles soient liées à la survie ou à la recherche de profits, se
mondialisent et contribuent aujourd’hui à la création, à l’échelle
mondiale, d’une masse de travailleuses mal rémunérées. D’un autre
côté, les pays du Nord voient dans l’apport croissant de femmes
migrantes un élément leur permettant de réorganiser profondément le
monde du travail. Ce genre de dynamique est particulière-ment visible
dans les villes mondialisées, qui constituent aussi des pôles
d’attraction pour le capital multinational. Que ce soit au niveau de
la ville ou à celui des circuits de survie, les femmes deviennent des
actrices incontournables des nouveaux types d’économie en expansion.
On leur attribue une moindre valeur économique et pourtant elles constituent des
éléments clés dans la construction des économies nouvelles.
[— p. 67-89]
Mondialisation — Villes mondialisées — Migrations internationales —
Emplois de service — Prostitution — Économie de l’information
Laura Oso Casas
— Prostitution et immigration des femmes latino-américaines en
Espagne
L’objectif de cet
article est de montrer qu’une bonne partie des femmes
latino-américaines, contrairement à l’image souvent mise en avant de
la femme objet de trafic, ont pris la décision de migrer en étant
conscientes de l’activité qu’elles
allaient pratiquer en Espagne. Cependant, bien qu’elles puissent opter
volontairement pour le « travail » sexuel, devenant les principales
pourvoyeuses écono-miques des foyers transnationaux (actrices de la
migration, actrices économiques et du développe-ment), elles sont
prises dans plusieurs circuits qui contribuent à la reproduction des inégalités sociales. Ces circuits sont
sous-tendus par l’articulation de plusieurs facteurs : la circulation des personnes, la mobilité des prostituées, la pression du
foyer transnational, l’irrégularité juridique, ainsi que l’inégalité
de genre.
[— p. 91-113]
Mondialisation — Espagne — Immigration
latino-américaine — Prostitution
— « Travail » sexuel — Trafic de femmes — Exploitation
Natacha Borgeaud
Garciandía
— La vie sous-traitée des ouvrières des maquilas du Nicaragua
De nombreuses situations de vie et de travail aussi inacceptables que
répandues de par le monde, nous sont présentées de temps à autre par
les médias qui, ne pouvant en restituer la complexité, opèrent trop
souvent par simplification excessive. Cet article cherche à dépasser
une telle image simplifiée des conditions de vie et de travail des
ouvrières des usines de sous-traitance (au Nicaragua), sans pour
autant évacuer de l’analyse les conditions inacceptables qui sont le
propre de leur travail. Au-delà des
discours convenus sur les conséquences de la mondialisation et d’une
vision des ouvrières réduites à un statut de victimes, cet article
s’ancre et s’appuie constamment sur l’extraordinaire richesse des
histoires de vies que les ouvrières rencontrées ont partagée avec la chercheuse. Il s’agit
alors d’interroger, dans cette perspective, le sens qu’acquiert pour
elles le travail et de repenser la « centralité du travail » à partir
d’elles-mêmes, et ce malgré l’omniprésence du puissant argument de la
création d’emplois.
[— p. 115-136]
Mondialisation
— Nicaragua — Sous-traitance — Industrie textile —Travail des femmes —
Conditions de travail — Subjectivité et travail
Liliana Rolfsen
Petrilli Segnini
— Accords dissonants : rapports salariaux et rapports sociaux de
sexe dans des orchestres
L’objectif de
ce texte est d’analyser les formes que prennent les rapports
salariaux et la division sexuelle du travail dans deux orchestres
constituant une référence prestigieuse dans leur propre pays — le
Brésil et la France. Ces deux pays montrent des similitudes quant aux
orientations en cours : une relative subordination aux lois d’une
économie qui se globalise et vise à plus d’efficacité et de
compétitivité.
Cet article s’attachera à montrer comment le travail précaire des
musiciens hautement qualifiés, originaires d’Europe de l’Est, constitue l’une
des expressions des changements à l’œuvre dans le contexte de
la globalisation. Il analysera ensuite les différences observées
entre les formes d’insertion des hommes et des femmes dans ces
formations orchestrales, privilégiant ainsi une double dimension — la
division internationale et sexuelle du travail — dans la réflexion sur
le salariat dans ce champ professionnel.
[— p. 137-161]
Orchestres — Musiciens — Division sexuelle du travail — France —
Brésil — Travail précaire — Qualification
Elsa Galerand
— Retour sur la genèse de la Marche mondiale des femmes
(1995-2001). Rapports sociaux de sexe et contradictions entre femmes
Cet article a pour objet
l’étude des divisions internes qui ont fragilisé l’organisation de la
Marche mondiale des femmes de l’an 2000 contre la pauvreté et les
violences faites aux femmes. Pour com-prendre ces divisions et ce qui a
pu faire obstacle à leur dépassement, il propose de raisonner non pas
en termes d’identités multiples mais en termes de rapports sociaux au
pluriel. Quel rapport ces divisions politiques entretiennent-elles
avec les différentes contradictions qui sont constitutives du groupe
des femmes ? Sont-elles d’abord l’expression de contradictions
(Nord/Sud, de classe ou de race) entre femmes ou le produit des
rapports de pouvoir des hommes sur les femmes dans l’arène
internationale ? À travers cette analyse, ce sont finalement les relations de
co-construction que les différents rapports sociaux
entretiennent les uns aux autres que ce texte tente d’éclairer ; soit
l’incidence que peuvent avoir les rapports sociaux de sexe sur les
rapports entre femmes et inversement, les antagonismes entre femmes
sur la construction d’un rapport de force hommes/femmes.
[— p. 163-181]
Mondialisation — Marche mondiale des femmes — Rapports sociaux
—Mouvement féministe — Nord / Sud — Revendications
Stéphanie Tawa
Lama-Rewal
— Le local et le global dans le mouvement indien des femmes
À
partir d’une approche anthropologique de la mondialisation, qui
privilégie « l’enchevêtrement accru du global et du local », cet
article propose une réflexion sur la dynamique local/global au sein du
mouve-ment indien des femmes. L’inventaire des principaux moments de
l’internationalisation du féminisme
indien révèle d’abord un mouvement de balancier entre phases
d’ouverture et phases de repli, toujours liées à des enjeux politiques
majeurs, sur les plans à la fois national et international. Concernant
la question particulière de la sous-représentation politique des
femmes, le repérage des différents niveaux spatiaux, mobilisés par
l’action et par le discours du mouvement indien des femmes sur ce
problème caractérisé par son universalité, souligne la prégnance de
facteurs locaux dans les solutions qui lui sont proposées.
[— p. 183-202]
Mondialisation — Local/global — Inde — Mouvement des
femmes (histoire)
— Représentation politique — Quotas — Féminisme
global
* * *
Roland
Pfefferkorn
— Des femmes chez les sapeurs-pompiers
Cet article est
consacré à l’arrivée des femmes dans les corps de
sapeurs-pompiers. Si ces corps se sont progressivement ouverts depuis trente ans, ils ne sont pas devenus
pour autant des univers « mixtes ». Davantage encore que
l’armée ou la police, ils restent marqués par une forte hégémonie
masculine. Les jeunes femmes qui entrent dans ce milieu doivent faire
face à de multiples réactions défensives de la part de leurs collègues
masculins. La répartition des tâches est structurée suivant la
hiérarchie des rapports sociaux de sexe. Le contenu des emplois varie
suivant le sexe. La division du travail traditionnelle entre les sexes
y est reproduite. La puissance des stéréotypes de sexe apparaît
presque à l’état brut. Cet exemple permet de mesurer à quel point
l’entrée des femmes dans un milieu d’hommes ne va vraiment pas de soi.
[— p. 203-230]
Féminisation
des professions — Sapeurs-pompiers — Féminité — Masculinité — Virilité
— Identité masculine — Collectif de travail
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Abstracts
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Work and globalization. North / South confrontations
Jules Falquet
— Armed men and “domestic” women: neoliberal trends
in the evolution of the sexual and international division of labour
This study aims to analyse the evolution of the sexual and
international division of labour within the neoliberal framework, by
comparing the patriarchal, capitalist and racist dimensions, and by
observing more particularly the informal labour market, considered as
characteristic of globalization. Two figures emerge, the second being
mainly created by the first: the armed man and the “domestic” woman
(“domestic worker” or “sexual worker”). For vast layers of the unprivileged sectors of the
population this is now the main perspective for “employment”.
Precarious, often badly paid and far from brilliant for those who have
them, these sadly emblematic “jobs” are however at the heart of the
neoliberal reorganisation of work.
[— p. 15-37]
Bruno Lautier
— Globalization, work and gender: an outworn dialectic
This article seeks to
clarify the relations between three questions: globalization, work
and gender. Initially four principal forms of globalization are
distinguished; the question of its novelty is discussed, as well as the question of the
globalization of work itself. The article then develops the
work-globalization-gender relationship: globalization transforms the
relationship to work in a gender-differentiated way; but, in return,
the forms of globalization are closely dependent on the gender
relationship to work. Finally there is an examination of the question of the lasting nature
of a globalization that is nourished by the domestic sphere on which it
feeds, which it saturates and wears out.
[— p. 39-65]
Saskia Sassen
— Towards an alternative analysis of globalization: survival
circuits and their actors
The
global migration of maids, nannies, nurses, sex workers and contract
brides is the outcome of mul-tiple conditions and dynamics. Are the
particular conditions and dynamics brought on by globalization
altering or re-inscribing these often old and well-established histories of migration and
exploitation? The focus is on two conditions. One is the globalizing of often
older survival and profit-making activities that contribute
today to producing a global supply of low-wage women workers. The
second is the growing demand for migrant women in the global north as
part of a sharp reorganization of labor demand. These dynamics are
particularly visible in global cities, also strategic sites for global
corporate capital. Both in the global city and in these survival
circuits women emerge as crucial actors for new and expanding types of
economies. It is through these supposedly rather value-less economic
actors that key compo-nents of these new economies have been built.
[— p. 67-89]
Laura Oso Casas
—
Prostitution and immigration of Latin American women in Spain
The goal of this article
is to show that many Latin American women, contrary to the prevalent image of
trafficked women, made the decision to migrate being fully
conscious what they are going to be
doing in Spain. However, although they can voluntarily choose “sexual
work”, becoming the main wage
earners of transnational households
(active migrants, the main economic and development agents), they are trapped in several circuits that contribute to reproducing
social inequalities. These circuits rest on the articulation of
several factors: movement of
people, mobility of prostitutes, pressure from transnational
households and legal irregularity, as well as gender inequality.
[— p. 91-113]
Natacha Borgeaud
Garciandía
—
The subcontracted life of the maquiladora workers in Nicaragua
Many living and working
situations that are as unacceptable as they are widespread are
presented to us from time to time by the media which, as they cannot
express their complexity, too often operate by excessive simplification. This
article seeks to go beyond such a simplification of the living
and working conditions of the workers of subcontracting factories (in
Nicaragua), without losing sight of the un-acceptable conditions that
are characteristic of their work. Going beyond the usual statements
about the effects of globalization and a vision of women workers reduced to
victim status, this article is roo-ted in and draws from the
extraordinary richness of the stories of their lives that the women
shared with the author. Within this perspective, she then examines the
meaning that work has for them and rethinks the “centrality of work”
from their standpoint, despite the omnipresent argument about “job
creation”.
[— p. 115-136]
Liliana Rolfsen Petrilli
Segnini
—
Dissonant chords: wage relations and gender relations in orchestras
The purpose of this text
is to analyse the forms wage relations and gender relations take in
two orches-tras that are prestigious references in their own countries
— Brazil and France. These two countries are similar in their
orientation: a relative subordination to the laws of an increasingly globalized economy aims
for more effectiveness and competitiveness. This article
attempts to show how the precarious work of highly qualified
musicians, originating in Eastern Europe, is one of the expressions of the
changes at work in the context of globalization. It then
analyses the differences observed between the forms of women’s and
men’s insertion in these orchestral formations, thus highlighting a
double dimension — the international and sexual division of labour —
in its thinking on the evolution of the wage relations in this
professional field.
[— p. 137-161]
Elsa Galerand
— Return to the origins of the World March of Women
(1995-2001). Gender relations and contradictions between women
This article sets out to
study the internal divisions that weakened the organization of the
World March of Women 2000 against poverty and violence against women. To
understand these divisions and what could be an obstacle to
overcoming them, it proposes to reason not in terms of multiple
identities but in terms of plural social relations. To what extent are
these political differences linked to the different contradictions
that exist within the group “women”? Are they first of all the
expression of contradictions (north-south, of class or race) between
women or the product of power relations of men to women in the
international arena? Through this analysis, the text finally tries to
shed light on the relations of co-construction that different social
relationships have with one
another. That is to say the impact that gender relations can have on the
relationships between women and conversely, the antagonisms
bet-ween women on the construction of a balance of forces between men
and women.
[— p. 163-181]
Stéphanie Tawa Lama-Rewal
—
The local and the global in the Indian women’s movement
Starting from an
anthropological approach to globalization, which focuses on “the
increased intertwining of the local and the global”, this article
proposes a reflection on local/global dynamics within the Indian women’s movement. The
inventory of the main periods of internationalization of Indian
feminism reveals first a balancing movement between phases of opening
and phases of retreat, always related to the major political stakes on
the national and international level. Concerning the particular
question of the political under-representation of the women, the
listing of the various levels on which the Indian women’s movement has
acted on this universal question underlines the importance of local
factors in the solutions proposed.
[— p. 183-202]
* * *
Roland Pfefferkorn
— Women among the firefighters
This article is devoted to women’s entry into
the firefighting services. While these services have gra-dually opened
up to women over the last thirty years they have nevertheless not
become a “mixed” universe. They remain marked by a male hegemony,
even
stronger than in the army or the
police force. Young women entering this
field meet a lot of defensive reactions from their male colleagues.
The distribution of different roles follows the hierarchy of gender
relations. The job content varies according to the sex. The
traditional division of labour between the sexes is reproduced. The
power of gender stereotypes appears almost in a crude state. This
example makes it possible to measure
to what extent women’s entry into a man’s world really cannot
be taken for granted.
[— p. 203-230]
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Auteur·e·s
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Natacha
Borgeaud Garciandía est doctorante en
sociologie à l’Institut d’études du développement économique et social
(IEDES – Université Paris 1 – Panthéon-Sorbonne). Sa thèse porte sur
la centralité du travail et la subjectivité chez les ouvrières et
ouvriers des usines étrangères de sous-traitance tex-tile implantées
au Nicaragua.
Jules Falquet est
maîtresse de conférences en sociologie à l’Université Paris 7 –
Denis-Diderot. Elle travaille actuellement sur le « développement »,
l’impact de la mondialisation néolibérale sur les femmes et les
résistances individuelles et collectives que celles-ci lui opposent.
Plus généralement, elle s’intéresse aux mouvements sociaux, qu’elle
analyse dans une perspective de genre, principalement en Amérique
latine et aux Caraïbes (mouvement zapatiste au Mexique, mouvement des
Sans Terre au Brésil, mouvements de femmes et féministes). Parmi ses
publications récentes :
— (2003). « Femmes, féminisme et “développement” : une analyse
critique des politiques des institu-tions internationales ». In
Bisilliat Jeanne (ed). Regards de femmes sur la globalisation.
Approches critiques. Paris, Karthala.
— (2005). « Féminismes dissidents en Amérique latine et aux
Caraïbes » (coordination du numéro avec Ochy Curiel et Sabine Masson).
Nouvelles questions féministes, vol. 24, n° 2.
Elsa Galerand
est doctorante en sociologie et membre du
laboratoire Genre, travail, mobilités (GTM – CNRS, universités Paris
10 et Paris 8). Elle travaille sous la direction de Danièle Kergoat et
de Francine Descarries sur la genèse de la Marche mondiale des femmes
en tant que processus de construction d’une lutte féministe dans
l’arène internationale.
Helena Hirata
est sociologue, chercheuse au laboratoire Genre, travail, mobilités
(GTM – CNRS, universités Paris 10 et Paris 8). Ses recherches portent
sur les comparaisons internationales du travail et du chômage, sur
genre et mondialisation et sur le rapport entre travail et affects.
Parmi ses publications récentes :
— (2005). « Les paradigmes sociologiques à l’épreuve des catégories de
sexe : quel renouvellement de l’épistémologie du travail ? » (avec
Danièle Kergoat). In Durand Jean-Pierre, Linhart Danièle (eds). Les
ressorts de la mobilisation au travail. Toulouse, Octarès.
— (2005). « Femmes et mondialisation ».
In Maruani Margaret (ed). Femmes, genre et société, l’état des
savoirs. Paris, La Découverte.
Bruno Lautier
est professeur de sociologie, Centre de recherches de l’Institut
d’études du développe-ment économique et social (IEDES – Université
Paris 1 – Panthéon-Sorbonne). Ses recherches actuelles portent
principalement sur l’économie informelle, la protection sociale et les
politiques de lutte contre la pauvreté, particulièrement en Amérique
latine. Il a notamment publié :
— (2002). « Femmes en domesticité. Les domestiques du Sud, au
Nord et au Sud » (coordination du numéro avec Blandine Destremau).
Revue Tiers Monde, n° 170, avril-juin.
— (2004). Brésil, Mexique : deux trajectoires dans la
mondialisation (avec Jaime Marques Pereira). Paris, Karthala.
Laura Oso Casas
est docteur en Sociologie à l’Université de Paris 1 –
Panthéon-Sorbonne. Elle est professeure titulaire à l’Université de La
Coroña (Espagne). Son travail de recherche s’est fondamen-talement
orienté vers la thématique genre et migration. Elle est l’auteure de
deux ouvrages :
— (1998). La migracion hacia España de mujeres jefas de hogar.
Madrid, Instituto de la Mujer « Serie Estudios »,
nº 52.
— (2004). Españolas en París. Estrategias de
ahorro y consumo en las migraciones internacionales.
Barcelona, Bellaterra.
Roland
Pfefferkorn est professeur de sociologie à
l’Université Marc Bloch de Strasbourg et membre du Laboratoire
Cultures et sociétés en Europe (UMR 7043). Ses recherches et son
enseignement portent principalement sur les inégalités et les rapports
sociaux (rapports de classe et rapports de sexe). Il a notamment
publié :
— (2002). Hommes-Femmes, quelle égalité ? (avec Alain Bihr).
Paris, L’Atelier.
— (2006). L’autonomie des femmes en question. Antiféminismes et
résistances en Amérique et en Europe (avec Josette Trat et Diane
Lamoureux, eds). Paris, L’Harmattan « Bibliothèque du féminisme ».
Saskia Sassen est
professeure de sociologie à l’Université de Chicago et à la London
School of Economics. Ses travaux portent sur les villes globales, les
migrations internationales et sur la place des femmes et des migrants
dans les circuits de survie.
Parmi ses ouvrages récents :
— (2005). Socio-Digital Formations: New
Architectures for Global Order.
Princeton, Princeton University Press.
— (2006). Territory, Authority, Rights:
From Medieval to Global Assemblages.
Princeton, Princeton University Press.
Liliana Rolfsen
Petrilli Segnini est professeure de
sociologie à L’Université de Campinas, Faculté d’Éducation (Brésil) et
membre du Centre de recherches DECISAE.
Elle travaille sur les rapports sociaux de sexe dans les services
(banque et télémarketing), sur le chômage des femmes et sur travail et
formation dans les arts et spectacles (musique et danse).
— (2001). « Entre le chômage et l’engrenage des emplois précaires ».
Travailler, n° 6.
— (2003). « Mulheres, mães, desempregadas : contradições de uma
condição social ». In Emílio Marli, Teixeira
Marilane, Nobre Miriam, Godinho Tatau (eds). Trabalho e cidadania
ativa para as mulheres. São Paulo, Prefeitura
municipal/Coordenadoria especial da mulher.
Stéphanie Tawa
Lama-Rewal, politologue, est chargée de
recherche au Centre d’études de l’Inde et de l’Asie du Sud
(CNRS-EHESS, Paris), et actuellement mise à disposition au Centre de
sciences humaines de New Delhi (ministère des Affaires étrangères).
Ses principaux thèmes de recherche sont la représentation politique
des groupes et la gouvernance urbaine dans la démocratie indienne. Ses
der-nières publications :
— (2004). Femmes et politique en Inde et au Népal. Image et
présence. Paris, Karthala.
— (2005). Democratization in Progress: Women and Local Politics in
Urban India (avec Archana Ghosh). Delhi,
Tulika. |
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ISSN 1165-3558
ISBN 2-296-00501-2 |
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