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n° 41 / 2006
Les intermittents du foyer
Couples et mobilité
professionnelle
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Certains couples se trouvent, pour
des raisons professionnelles, confrontés à la mobilité spatiale de l’un des
conjoints. Cette décohabitation, peu repérée statistiquement, crée des
intermittences dans la vie conjugale. Dans quelle mesure celles-ci mettent-elles
à l’épreuve « l’arrangement des sexes » proposé par Erving Goffman ? |
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Sommaire |
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Marie-Hélène
Zylberberg-Hocquard
Hommage à Madeleine
Guilbert |
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Dossier :
Les intermittents du foyer. Couples et
mobilité professionnelle —————————————— |
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Isabelle
Bertaux-Wiame et Pierre Tripier
Les intermittents du
foyer ou les arrangements entre membres des couples qui travaillent
loin l'un de l'autre (Introduction) |
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Yvonne
Guichard-Claudic
Homme en mer, femme à terre. Petits arrangements avec la dissymétrie
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Isabelle
Bertaux-Wiame
Conjugalité et mobilité professionnelle : le dilemme de l'égalité
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Estelle
Bonnet, Beate Collet et Béatrice Maurines
Carrière familiale et mobilité géographique professionnelle |
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Gilda
Charrier et Marie-Laure Déroff
La décohabitation partielle : un moyen de renégocier la relation
conjugale ? |
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Armelle
Testenoire
Éloignés au quotidien et ensemble. Arrangements conjugaux en milieu
populaire |
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Cécile Vignal
Devenir 'célibataire géographique' ? Arbitrages conjugaux et
familiaux suite à la délocalisation d'une usine |
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Xavière
Lanéelle
Navette domicile-travail à grande vitesse : situation d'exception,
arrangement traditionnel |
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Hors-champ
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Irène
Jonas
Le nouveau travail féminin dans 'l'entreprise-couple' |
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Isabel Georges
Relations salariales et pratiques
d'insertion : les centres d'appel au Brésil |
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Notes de lecture
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— Maryse
Jaspard. Les violences contre les femmes (Sylvie Cromer)
— Herrick
Chapman & Laura Frader (eds). Race in France. Interdisciplinary
Perspectives on the Politics of Difference (Éléonore Lépinard)
— Rebecca
Rogers (ed). La mixité dans l'éducation. Enjeux passés et
présents (Sophie Lhenry)
— Pierre
Cours-Salies et Stéphane Le Lay (eds). Le bas de l'échelle : la
construction sociale des situations subalternes (Rachid
Bouchareb)
— Jennifer
Bué, Jean-Luc Metzger et Dominique Roux-Rossi. Le temps partiel à
l'épreuve des 35 heures (Jérôme Pélisse)
— Béatrice
Appay. La dictature du succès. Le paradoxe de l'autonomie
contrôlée et de la précarisation (Helena Hirata)
— Helen Harden
Chenut. The Fabric of Gender: Working-Class Culture in Third
Republic France (Rebecca Rogers)
— Nouvelles
questions féministes « Machine, machin, truc, chose : pour du
féminisme avec des objets »
(Ilana Löwy)
— Recherches
féministes « Femmes et sport »
(Caroline Chimot)
— Sylvette
Giet. Soyez libres ! C'est un ordre : le corps dans la presse
féminine et masculine (Ilana Löwy)
— Corinne
Bouillot et Paul Pasteur (eds). Femmes, féminismes et socialismes
dans l'espace germanophone après 1945 (Roland Pfefferkorn) |
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Les Cahiers du Genre ont reçu
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Ouvrages
Revues |
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Cahiers du Genre, n° 41 — 270
pages — novembre 2006 |
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Résumés
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Yvonne
Guichard-Claudic — Homme en
mer, femme à terre. Petits arrangements avec la dissymétrie
Le cas des
couples dont l’homme navigue au long cours constitue un exemple
classique de situation conduisant à une dissymétrie des engagements
professionnels et familiaux des hommes et des femmes. Ils nous donnent
à voir les négociations et arrangements auxquels cet éloignement donne
lieu, dans la vie professionnelle comme dans la vie privée. Les choix
effectués ont rarement la force de l’évidence. Force est pourtant de
constater que dès lors que le couple a des enfants, la régulation de
la relation entre travail et famille passe par la limitation, voire
l’inhibition des ambitions professionnelles féminines. Il revient
encore principalement aux femmes d’assurer la continuité des relations
conjugales et familiales, mais l’évolution des rôles conjugaux et
parentaux déstabilise les cadres traditionnels des identités
masculines et féminines. Les formes de l’autonomie féminine ont évolué
et les femmes n’adhèrent plus à une figure du ‘matriarcat’ censée
assurer l’équivalence des responsabilités familiales féminines et
professionnelles masculines. Quant aux hommes, divisés entre les
exigences de leur vie professionnelle et la crainte d’être un
conjoint, un père qui fait défaut, eux aussi s’interrogent.
[— p. 23-47]
Couples
— Marin pêcheur — Travail des femmes — Famille — Autonomie — Relations
conjugales — Rôles de sexe
Isabelle Bertaux-Wiame
—
Conjugalité et mobilité professionnelle : le dilemme de l’égalité
La clause de
mobilité géographique comme condition d’avancement régulier dans la
carrière se généralise y compris pour des professions réputées
sédentaires. Nous nous appuyons ici sur une enquête qualitative menée
auprès d’une quarantaine de cadres bancaires, hommes et femmes, dont
l’évolution de carrière est conditionnée par leur aptitude à accepter
de travailler dans une autre ville ou une autre région, à intervalle
régulier. Cette gestion du personnel bancaire repose sur l’idée
implicite que ‘la famille suivra’. Sédentaires ou mobiles, les couples
tentent de résister aux pressions professionnelles pour préserver une
vie commune au prix de renoncements parfois douloureux, la mobilité
géographique constituant un facteur aggravant des inégalités au regard
du registre professionnel. Ces arrangements trouvent cependant leurs
limites lorsqu’un des conjoints, le plus souvent l’épouse, refuse de
‘suivre’, ce qui peut conduire à une forme d’intermittence de la vie
conjugale. Ces phases conjugales ne sont pas équivalentes pour les
deux membres du couple mais, davantage subies que choisies, elles n’en
présentent pas moins une expérience inédite de conjugalité en même
temps qu’une mise à l’épreuve.
[— p. 49-73]
Couples
— Mobilité professionnelle — Secteur bancaire — Cadres — Stratégies —
Résistances — Carrières professionnelles
Estelle Bonnet, Beate
Collet et Béatrice Maurines —
Carrière familiale et mobilité géographique professionnelle
À partir d’une
recherche qualitative auprès de couples dont au moins un conjoint est
régulièrement absent du foyer familial pour raison professionnelle,
nous nous proposons d’étudier l’interdépendance entre les modes de vie
familiaux et cette mobilité. Nous recourrons pour ce faire à la notion
de ‘carrière familiale’. Cette dernière renvoie aux interactions entre
les événements de la vie conjugale et familiale et la carrière
professionnelle de chacun des conjoints. Elle permet d’appréhender les
ajustements et les négociations dans le couple quant à
l’investissement de la sphère familiale et professionnelle. Cette
recherche constitue une entrée pertinente pour l’analyse des nouvelles
formes d’emploi, de leur articulation aux différentes sphères de la
vie sociale et des rapports sociaux de genre.
[— p. 75-98]
Couples — Mobilité professionnelle — Carrière
professionnelle — Trajectoires
— Modes de vie —
Articulation travail/famille
Gilda Charrier et Marie-Laure Déroff
—
La décohabitation partielle : un moyen de renégocier la relation
conjugale ?
La vie conjugale est une vie à deux. Pourtant, certains couples
connaissent des formes de décohabitation partielle, alternant vie
commune et séparation, sans que la situation mette en cause le modèle
dominant. L’un des conjoints (souvent l’homme) s’absente régulièrement
alors que l’autre (la femme) garde le foyer. Les raisons d’une telle
situation sont présentées comme liées à des contraintes ou à des
opportunités professionnelles, acceptées au nom de l’intérêt commun.
Néanmoins, cela peut donner l’occasion de (re)négocier la relation à
l’autre ou à soi-même. Les modalités de la décohabitation varient
selon qu’il s’agit d’un mode de vie ou d’un événement de carrière et
contribuent par là même à (re)définir les conditions de la vie
conjugale, en mettant plus ou moins l’accent sur la dimension
individuelle ou commune de la vie au quotidien.
[— p. 99-115]
Mobilité professionnelle — Couples — Décohabitation — Relations conjugales — Activité
professionnelle féminine
Armelle
Testenoire
—
Éloignés au quotidien et ensemble. Arrangements conjugaux en milieu
populaire
Cet article se
propose d’analyser les arrangements conjugaux opérés dans les couples
de milieu populaire où l’homme effectue des déplacements
professionnels tout ou partie de la semaine. Le marché du travail
construit une mobilité spécifiquement masculine qui n’est possible que
parce que celle des femmes est restreinte. Cette topographie sexuée
pose la question de l’inégale autonomie dont bénéficient les hommes et
les femmes. Alors que l’amour est porteur d’un idéal de réciprocité,
l’asymétrie des partenaires est un frein à cette réciprocité.
L’individuation que les hommes reçoivent d’emblée par la socialisation
est, pour les femmes, le fruit d’un long parcours biographique, dont
le coût est parfois élevé.
[— p. 117-138]
Mobilité professionnelle — Couples —
Territoires — Autonomie — Classes populaires
Cécile Vignal
—
Devenir ‘célibataire géographique’ ? Arbitrages conjugaux et familiaux
suite à la délocalisation d’une usine
Cet article
s’appuie sur une enquête qualitative auprès de salariés confrontés, en
2000, à la fermeture de leur usine et à sa délocalisation
à deux cents kilomètres de leur domicile.
Il s’agit d’analyser les tensions et les négociations au sein de
couples, principalement ouvriers, placés dans un contexte de choix,
contraint, de mobilité. À travers les refus de mutation, les
aménagements de migrations plus ou moins provisoires et les
difficultés d’une vie de ‘célibataire géographique’, se dessine
l’influence des femmes sur l’arbitrage résidentiel des couples.
Toutefois, bien que ces situations remettent rarement en cause les
modes de conjugalité, elles recomposent bien plus fréquemment les
liens sur l’ensemble de la scène familiale. Cette analyse montre donc
l’intérêt d’un point de vue élargi sur les interdépendances entre le
couple, les enfants et leur réseau de parenté.
[— p. 139-157]
Mobilité professionnelle — Couples —
Ouvriers — Délocalisation — Industrie — Négociations conjugales
Xavière Lanéelle
—
Navette domicile-travail à grande vitesse : situation d’exception,
arrangement traditionnel
Les mobilités
pendulaires sur de longues distances — bien qu’exceptionnelles — ont
été facilitées par la grande vitesse ferroviaire et ont débouché sur
le mythe de l’homme-jet dont la déconstruction amène à s’interroger
sur ‘l’arrangement des sexes’ des navetteurs, membres de couples
biactifs. Ces arrangements concernent la stratégie résidentielle, le
partage des tâches et l’évolution de ces arrangements notamment quand
sont redéployées les stratégies résidentielle et professionnelle. Les
choix résidentiels, la ‘triple journée’ des femmes-navetteuses, le peu
d’implication des hommes navetteurs dans la vie domestique attestent
qu’à situation exceptionnelle l’arrangement reste traditionnel.
[— p. 159-180]
Mobilité
professionnelle — Couples — Travail domestique — Famille — Trajets
domicile-travail
***
Irène Jonas
—
Le nouveau travail féminin dans ‘l’entreprise-couple’
Les femmes sont
appelées à s’identifier à un modèle fantasmatique de l’excellence dans
le couple. Mi gestionnaires, mi thérapeutes, elles doivent devenir les
actrices de leur propre changement, savoir gérer la complexité des
relations amoureuses, mobiliser leur conjoint dans le respect de son
autonomie et devenir maîtresses dans l’art d’améliorer leurs
compétences en vue de l’adaptabilité à toute situation affective. En
un mot, leur nouveau travail invisible est de faire exister et durer
dans le temps une ‘entreprise-couple’ épanouissante et performante.
[— p. 181-196]
Couples — Manuels de psychologie —
Psychologie différentialiste — Normes — Vulgarisation
Isabel Georges
—
Relations
salariales et pratiques d’insertion :
les centres d’appel au Brésil
À partir du
constat de la diversification et de la fragmentation des conditions
d’emploi, en particulier dans le contexte de l’emploi informel —
situation caractéristique du marché du travail brésilien, mais
également de plus en plus répandue en France —, cet article
s’interroge sur la question de la valeur sociale du travail, à
l’exemple du travail d’exécution dans les centres d’appel au Brésil.
Il vise à confronter l’analyse des conditions du travail et de
l’emploi dans le secteur du télémarketing (information, assistance et
vente par téléphone utilisant des nouvelles technologies de
l’information), emblématique du marché du travail brésilien, avec les
modes de construction des trajectoires sociales et professionnelles,
désorganisées en apparence, des employé(e)s d’exécution de ce secteur.
[— p. 197-219]
Centres d’appel — Télémarketing — Relations salariales
— Emploi —
Insertion professionnelle — Trajectoires — Précarisation
— Brésil
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Abstracts
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Intermittent homemakers
Couples and professional mobility
Yvonne Guichard-Claudic — Man at sea, woman on land. Small arrangements with
dissymmetry
The case of couples
where the man is a long distance mariner constitutes a traditional
example of a situation leading to a dissymmetry of the professional
and family commitments of men and women. These examples illustrate the
negotiations and arrangements to which this distance gives rise, in
both professional life and private life. The choices made are seldom
obvious. It has to be noted that when the couple has children,
regulating the relationship between work and family means limiting or
even preventing the woman’s career ambitions. It is still mainly up to
women to ensure the continuity of marital and family relations, but
the evolution of marital and parental roles destabilises the
traditional framework of male and female identities. Forms of female
autonomy have evolved and women no longer subscribe to the notion of a
“matriarchal” figure supposed to ensure the equivalence of the women’s
family and men’s professional responsibilities. As for the men, torn
between the demands of their professional life and their fear of being
an absent spouse and father, they are also putting themselves into
question.
[— p. 23-47]
Isabelle Bertaux-Wiame — Conjugality and professional mobility: the equality
dilemma
Geographical
mobility as a condition of regular career advancement is spreading to
the traditionally sedentary professions. We use here an in-depth
survey of some forty banking executives, men and women, whose career
evolution is conditioned by their readiness to agree to work in
another city or another area at regular intervals. This management of
banking staff is based on the implicit idea that “the family will
follow”. Sedentary or mobile, the couples try to stand up to
professional pressures in order to preserve a shared life at the price
of sometimes painful sacrifices, geographical mobility constituting an
aggravating factor of inequalities in relation to professional
ranking. However the arrangements find their limits when one of the
couple, generally the wife, refuses “to follow”, which can lead to a
form of intermittence of married life. These marital periods are not
the same for the two members of the couple but, more imposed than
chosen, they are no less a new experience of conjugality at the same
time as a test.
[— p. 49-73]
Estelle Bonnet, Beate Collet and Béatrice Maurines
— Family career and professional geographical mobility
Starting from an
in-depth study of couples where at least one spouse is regularly
absent from the family home for professional reasons, we propose to
study the interdependence between family lifestyles and this mobility.
In order to do so we will use the concept of “family career”. This
refers to the interaction between events in married and family life
and the professional career of each couple. It makes it possible to
understand the adjustments and the negotiations within the couple in
their involvement in the family and the professional sphere. This
research is a pertinent approach to an analysis of the new forms of
employment, of their articulation to the various spheres of social
life and gender relations.
[— p. 75-98]
Gilda Charrier and Marie-Laure Déroff
— Partial
non-cohabitation: a way of renegotiating conjugal relations?
Conjugal life is
living together as two people. However some couples live in “partial
noncohabitation” with alternating periods of living toghether and
separation, although this does not challenge the dominant model. One
of the partners (often the man) is regularly absent while the other
(the woman) looks after the home. The reasons for this situation are
related to career impositions or opportunities, that are or are not
accepted in the name of the common good. Nevertheless this can offer
the opportunity to (re)negotiate the relationship to the other, or to
oneself. The forms of non-cohabitation differ depending on whether it
is a life style or a passing phase and thus contribute to (re)defining
conjugal living conditions, emphasising more or less on the individual
or the joint aspect of daily life.
[— p. 99-115]
Armelle
Testenoire
— Apart
on a daily basis and yet together. Marital arrangements in modest
milieus
This article
proposes to analyse the marital arrangements operating in couples in
modest social layers, where the man is absent for work reasons for the
whole or part of the week. The labour market builds a specifically
male mobility, which is only possible because women’s is restricted.
This gendered topography raises the question of the unequal autonomy
that men and women enjoy. Whereas love incarnates an ideal of
reciprocity, the asymmetry of the partners is a barrier to this
reciprocity. The individual identity that men are given from the
outset by their socialisation is the fruit of a life-long experience
for women, and the cost of reaching it is sometimes high.
[— p. 117-138]
Cécile Vignal — Becoming “geographically single”? Marital and family adjustments
following the delocalisation of a factory
This article is
based on an in-depth study of workers confronted, in 2000, with the
closing-down of their factory and its delocalisation two hundred
kilometres away. It analyses the tensions and the negotiations within
couples, mainly blue-collar workers, in a context of constrained
choice of mobility. Whether through a refusal to change, more or less
provisional adjustments of migrations and the difficulties of a
“geographically single” life, the influence of women on the
residential choices of the couples takes shape. However, although
these situations seldom challenge modes of conjugality, they much more
frequently recompose the bonds within the family as a whole. This
analysis thus shows the interest from a point of view widened on the
interdependences between the couple, their children and their network
of family relationships.
[—
p. 139-157]
Xavière Lanéelle
—
High-speed home-work shuttle: exceptional situation, traditional
arrangement
Back and forth
long distance mobility
— although exceptional — has been facilitated by
high-speed railways and led to the myth of the “jet-man”.
Consideration of this phenomenon leads us to wonder about “the
arrangement of the sexes” of the shuttlers, members of biactive
couples. These arrangements relate to choice of place of residence,
the sharing of tasks and the evolution of these arrangements in
particular when residential and professional strategies are changed.
The residential choices, the “triple day” of the women-shuttlers, the
low level of involvement of male shuttlers in domestic life
demonstrate that within an exceptional situation the arrangement
remains traditional.
[— p. 159-180]
* *
*
Irène Jonas
— New female work in “the company-couple”
Here women have to
be identified with a fantasmatic model of excellence in the couple.
Half managers, half therapists, they have to become the operators of
their own change, and know how to manage the complexity of love
relations, mobilizing their partner while respecting his autonomy and
becoming mistresses in the art of improving their competences to adapt
to any emotional situation. In a word, their new invisible work is to
make a fulfilled and effective “company couple” exist and last.
[— p. 181-196]
Isabel Georges — Wage relations and forms of insertion: call centres in Brazil
Starting from the
diversification and fragmentation of employment conditions, in
particular in the context of informal employment — a characteristic
situation of the Brazilian labour market but also increasingly
widespread in France — this article considers the question of the
social value of work, through the example of workers in call centres
in Brazil. It aims to compare and contrast the analysis of the
employment and working conditions in the telemarketing sector
(information, telephone assistance and sales using new information
technologies), emblematic of the Brazilian labour market, with the way
in which the seemingly disorganized social and professional
trajectories of workers in this sector are formed.
[— p. 197-219]
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Auteur·e·s
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Isabelle Bertaux-Wiame
est sociologue, directrice du laboratoire Genre, travail, mobilités
(CNRS, Universités Paris 10 et Paris 8). Ses recherches portent sur la
construction sexuée des trajectoires sociales, l’articulation vie
privée/vie professionnelle ainsi que les questions de mobilité sociale
et d’identités en lien avec la mobilité professionnelle et
géographique. Les mondes socioprofessionnels étudiés sont aussi bien
ceux de la petite entreprise et de l’artisanat, que ceux des
salarié(e)s de la fonction publique ou des cadres du secteur privé
bancaire.
— (2005). « Parcours professionnels, mobilité géographique. Une
analyse des inégalités homme/femme dans le secteur bancaire ». In
Durand Jean-Pierre, Linhart Danièle (eds). Les ressorts de la
mobilisation au travail. Paris, Octarès.
— (2006). « Travail moderne, rien ne va plus : les jeux sont défaits »
(avec Danièle Linhart). Nouvelle revue de psychosociologie,
n° 1, mai.
Estelle Bonnet
est
maître de conférences de sociologie à l’Université Lyon 2 et membre du
laboratoire Glysi-Safa, ISH, Lyon. Ses travaux portent sur : mobilités
géographiques professionnelles et modes de vie familiaux ; expertise
professionnelle et savoirs profanes.
— (2004).
« Les
critiques gastronomiques : quelques caractéristiques d’une activité
experte ».
Sociétés contemporaines,
n° 53.
— (2005).
« La qualité, le
temps et l’espace. Des représentations concurrentes aux ajustements
possibles ». In Ganne Bernard (ed). Les creux du social. De
l’indéterminé dans un monde se globalisant. Paris, L’Harmattan
« Logiques sociales ».
Gilda Charrier
est
maître de conférences de sociologie à l’Université de Bretagne
occidentale (Brest). Elle travaille sur identité et vie privée.
— (2005),
« La non cohabitation : moment ou condition de la vie conjugale ? »
(avec Marie-Laure Déroff). In Le Gall Didier (ed). Genres de vie et
intimités – Chroniques d’une autre France. Paris, L’Harmattan
« Sociologies et environnement ».
Beate Collet
est maître de conférences de sociologie à
l’Université Lyon 2. Elle est actuellement
en délégation CNRS accueillie au laboratoire Printemps, Université
Versailles Saint-Quentin en Yvelines. Ses travaux portent sur : conjugalités
mixtes en France et en Allemagne ; intégration, modes d’identification
et citoyenneté ; mobilités géographiques professionnelles et modes de
vie familiaux.
— (2003).
« Comment
repenser les mixités conjugales aujourd’hui ? Modes de formation des
couples et dynamiques conjugales d’une population française d’origine
maghrébine »
(avec Emmanuelle Santelli). Revue
européenne des migrations internationales, vol. 19, n° 1.
— (2004).
« De
l’identité à la citoyenneté ».
In Association éveil. Construire sa citoyenneté. Paris,
L’Harmattan.
Marie-Laure Déroff
est sociologue, membre de l’Atelier de recherche sociologique,
Université de Bretagne occidentale (Brest). Elle travaille sur genre
et vie privée.
— (2005).
« La non cohabitation : moment ou condition de la vie conjugale ? »
(avec Gilda Charrier). In Le Gall Didier (ed). Genres de vie et
intimités – Chroniques d’une autre France. Paris, L’Harmattan
« Sociologies et environnement ».
Isabel Georges
est
sociologue à l’Institut de recherche pour le développement (IRD),
Centre de recherche Savoirs et développement. Elle travaille sur les
femmes et l’informalité.
— (2001). « Les emplois d’exécution dans les télécommunications :
comparaisons France-Allemagne ». Travail, genre et sociétés,
n° 6.
— (2002). « Nouvelles formes de productivité du travail et
rationalisation du travail : le cas des opératrices du téléphone ».
Travail et emploi, n° 91, juillet.
Yvonne
Guichard-Claudic
est maître de
conférences de sociologie à l’Université de Bretagne occidentale
(Brest). Elle est membre de l’Atelier de recherche sociologique. Ses
recherches portent sur la construction des identités de sexe, en
particulier dans des situations conjugales dissymétriques, comme dans
le cas des femmes de marins ou de l’hétérogamie et sur les évolutions
et recompositions des normes en matière d’égalité des sexes.
— (2004).
« L’autonomie des femmes de marins ». In Bard Christine (ed).
Le genre des territoires. Féminin, masculin, neutre. Angers,
Presses de l’Université d’Angers.
— (2005). « Des projets d’avenir féminins et masculins : entre
convergences et reproduction des différences sexuées ». Formation
emploi. Revue française de sciences sociales, n° 91.
Irène Jonas
est sociologue
indépendante. Ses recherches actuelles portent sur : l’analyse des
rapports sociaux de sexe dans les ouvrages ‘psy’ sur le couple ; la
photographie de famille.
— (2003). L’individu auto-déterminé. Paris, L’Harmattan
« Logiques Sociales ».
— (2006). « L’antiféminisme des nouveaux ‘traités de savoir vivre’ à
l’usage des femmes ». Nouvelles questions féministes, vol. 25,
n° 2.
Xavière Lanéelle
est
docteure en démographie et agrégée de sciences sociales. Ses
recherches actuelles portent sur la mobilité des professeurs
remplaçants.
— (2004). « Va et vient ». Revue électronique EspacesTemps.net,
avril.
— (2005). « Réseau social, réseau ferroviaire ». In Montulet
Bertrand (ed). Mobilités et temporalités. Bruxelles,
Publications des Facultés universitaires Saint-Louis.
Béatrice Maurines
est maître
de conférences de sociologie à l’Université Lyon 2 et membre du
laboratoire Glysi-Safa, ISH, Lyon. Ses recherches portent sur :
mobilités géographiques professionnelles et modes de vie familiaux ;
modalités d’échange dans la fratrie ; itinération de corpus de savoirs
en lien avec la globalisation : étude comparée de l’activité
salmonicole Chili/France/Canada.
— (2004). « Photographie et renouvellement de la perception du terrain
: la coopération d’une ethnologue et d’un photographe » (avec Angel
Sanhueza). Bulletin de méthodologie sociologique, n° 81.
— (2005). « La confiance comme processus incertain dans les systèmes
productifs territorialisés ». In Ganne Bernard (ed). Les creux du
social. De l’indéterminé dans un monde se globalisant. Paris,
L’Harmattan « Logiques sociales ».
Armelle Testenoire
est
maître de conférences de sociologie à l’Université de Rouen et
chercheuse au Groupe de recherche Innovations et sociétés (GRIS). Ses
recherches portent sur les trajectoires professionnelles et familiales
de femmes de milieu populaire. Elle a travaillé notamment sur
l’insertion des jeunes de bas niveau de qualification, sur les mères
précoces et les itinéraires conjugaux.
— (2006). « Les temps de l’insertion ; itinéraires de jeunes femmes de
milieu populaire ». Formation emploi, n° 93.
— (2006). « Des femmes sans jeunesse ? les mères précoces ». In
Bidart Claire (ed). Devenir adulte aujourd’hui. Paris,
L’Harmattan, INJEP.
Pierre Tripier
est
professeur retraité de sociologie à l’Université de Versailles
Saint-Quentin en Yvelines et membre du laboratoire Printemps
(CNRS/UVSQ). Ses centres d’intérêt portent sur les racines
scientifiques de la sociologie et sur les logiques pratiques des
organisations, y compris les investissements affectifs et familiaux.
Il a coordonné deux numéros des Cahiers du Genre :
« Vieillir
jeunes, actifs et disponibles ? »
(avec Claudine Attias-Donfut, n° 31/2001) ;
« Loin
des mégalopoles. Couples et travail indépendant » (avec Dominique Jacques-Jouvenot, n° 37/2004).
— (2004). L’Aveuglement organisationnel. Analyse sociologique de la
méconnaissance (avec Valérie Boussard et Delphine Mercier). Paris,
Éditions du CNRS.
— (2004). « Amérique Latine : dynamiques productives, syndicalisme,
emploi » (Anni Borzeix, Pierre Desmarez, Pierre Tripier, eds).
Sociologie du travail, vol. 46, n° 1.
Cécile Vignal
est
docteure en urbanisme et aménagement ; enseignante et chercheuse
associée au laboratoire CRETEIL de l’Institut d’urbanisme de Paris –
Université de Paris XII. Dans une démarche croisant la sociologie
urbaine (analyse des mobilités, de l’habitat) et les sociologies de la
famille et de l’emploi, ses thèmes de recherche sont : arbitrages
résidentiels et familiaux face aux restructurations d’entreprises ;
inégalités entre genre en matière de mobilités géographiques et
professionnelles ; relogement des habitants lors de rénovations
urbaines.
— (2005). « Logiques professionnelles et logiques familiales : une
articulation contrainte par la délocalisation de l’emploi ».
Sociologie du travail, vol. 47, n° 2.
— (2005). « Les espaces familiaux à l’épreuve de la délocalisation de
l’emploi : ancrages et mobilités de salariés de l’industrie ».
Espaces et sociétés, n° 120-121.
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Les Cahiers du Genre
ont reçu
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Ouvrages
Appay Béatrice (2005). La
dictature du succès. Le paradoxe de l’autonomie
contrôlée et de la précarisation. Paris, L’Harmattan « Logiques
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ISSN 1165-3558
ISBN 2-296-01915-3 |
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