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Comment le féminisme et le concept de genre
renouvellent-ils notre appréhension des arts plastiques ? C’est à
cette question que nous répondons ici, en mobilisant des réflexions
issues de différentes disciplines autour de la (dé)construction de
la valeur de l’art.
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Sommaire |
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Dossier :
Genre, féminisme et valeur de l'art —————————————————————————————— |
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Séverine
Sofio, Perin Emel Yavuz et Pascale Molinier
Les arts au prisme du genre : la valeur en question (Introduction)
[p. 5-16] |
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Fabienne
Dumont et Séverine Sofio
Esquisse d’une épistémologie de la théorisation féministe en art
[p. 17-43]
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Griselda
Pollock
Des canons et des guerres culturelles
[p. 45-69]
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Patricia
Mainardi et Mathilde Ferrer (Entretien)
De
chaque côté de l’Atlantique, deux parcours féministes en art (Propos
recueillis par Fabienne Dumont, Séverine Sofio et Perin Emel Yavuz)
[p. 71-94] |
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Myriem
Naji
Valeur
des tapis marocains : entre productrices d’artisanat et marchands
d’art [p. 95-111] |
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Maria
Antonietta Trasforini
Du génie au talent : quel genre pour l’artiste ?
[p. 113-131] |
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Françoise Frontisi-Ducroux
‘La
fille de Dibutade’, ou l’inventrice inventée [p. 133-151] |
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Frédérique Villemur
Pensée
queer et mélancolie du genre [p. 153-169] |
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Elvan
Zabunyan
Histoire de l’art contemporain et théories féministes : le tournant de
1970 [p. 71-186] |
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David
Zerbib
Le
masculin et la performance de l’universel [p. 187-210] |
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Hors-champ
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Roland
Pfefferkorn
Autour de
l’organisation d’une journée d’étude sur la prostitution. L’impossible
compromis [p. 211-236] |
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Notes de lecture
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— Agnese Fidecaro et Stéphanie Lachat (eds). Profession :
créatrice.
La place des femmes dans le champ artistique
(Perin Emel Yavuz)
— Eleni Varikas. Penser le sexe
et le genre (Delphine Naudier)
— Josette Trat, Diane Lamoureux et Roland Pfefferkorn (eds).
L’autonomie des femmes en
question. Antiféminismes et résistances
en Amérique et en Europe
(Magdalena Rosende)
— Christiane
Veauvy, Marguerite Rollinde et
Mireille Azzoug (eds). Les femmes entre violences
et stratégies de liberté. Maghreb et Europe du Sud (Djaouida
Séhili)
— Jules
Falquet. De la cama a la calle : perspectivas teóricas
lésbico-feministas (Hélène Le Doaré)
— Susan
Martha Kahn. Les enfants d’Israël : une approche culturelle de
l’assistance médicale à la procréation (Ilana Löwy)
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Les Cahiers du Genre ont reçu
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Ouvrages
Revues |
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Cahiers du Genre,
n° 43/2007, septembre — 270 pages |
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ISSN 1165-3558 ISBN
978-2-296-04205-6 |
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Résumés
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Fabienne Dumont et
Séverine Sofio
—
Esquisse d’une épistémologie de la théorisation féministe en art
Les recherches
dans et sur le domaine de la théorisation féministe en art étant peu
développées en France, nous avons choisi de revenir, dans cet article,
sur les contextes d’émergence de cette théorisation, depuis les
premières
réflexions sur la place des femmes dans le monde artistique jusqu’aux
tentatives d’articuler pratiques esthétiques et expression politique,
sous l’influence du mouvement féministe. Dans un second temps, nous
tentons d’établir une typologie des thématiques que les
questionnements féministes ont contribué à renouveler tant dans le
domaine de l’art que, plus largement, dans celui de la réflexion sur
la création artistique, des années 1980 à aujourd’hui.
Art — Théorie
féministe — Féminisme — Histoire de l’art — Sociologie de l’art —
Esthétique
Griselda Pollock
—
Des canons et des guerres culturelles
Dans ce texte, tiré
du premier chapitre de son livre Differencing the Canon (1999),
Griselda Pollock propose un véritable programme de recherche pour
repenser l’histoire de l’art comme discipline. En s’appuyant notamment
sur les travaux de la philosophe et psychanalyste Sarah Kofman et sur
les recherches menées par les théoriciennes féministes de l’art depuis
trente ans, elle s’interroge sur le rôle que le féminisme, le genre et
les études postcoloniales ont pu et peuvent encore avoir dans la
redéfinition du ‘canon’ à la fois andro et ethnocentré qui structure
toujours notre appréhension de la création et de la figure ‘du’
créateur, via les disciplines artistiques et les institutions
culturelles.
Art — Histoire
de l’art — Canons culturels — Valeurs — Altérité — Exclusion —
Féminisme — Domination masculine — Artistes femmes
Patricia Mainardi
et Mathilde Ferrer (Entretien)
—
De chaque côté de l’Atlantique, deux parcours féministes en art
(Propos recueillis par Fabienne Dumont, Séverine Sofio et Perin Emel
Yavuz)
Pour ce numéro, il
nous a semblé important de recueillir et de croiser les témoignages de
deux actrices historiques du mouvement féministe en art, l’une
américaine et l’autre française, afin de confronter leurs expériences
et leurs points de vue sur les événements et les évolutions qui ont
marqué ces trente dernières années dans les domaines de l’art, du
féminisme, ainsi que de l’enseignement de l’histoire de l’art pour
l’une et des arts plastiques pour l’autre.
Patricia Mainardi
est, en effet, historienne de l’art, spécialiste de l’Europe des XVIIIe
et XIXe siècles. Après avoir enseigné dans des universités
aussi prestigieuses que Princeton ou Harvard, elle est aujourd’hui
professeure à CUNY (City University of New York) où elle dirige le
programme doctoral d’histoire de l’art. Militante féministe, elle fut
l’une des fondatrices du
Feminist Art
Journal en 1972. Elle fait ainsi partie des premières historiennes
d’art à avoir introduit une réflexion sur le genre dans l’analyse de
la création et l’histoire de l’art comme discipline. Dans son dernier
ouvrage, Husbands, Wives, and Lovers: Marriage and its Discontents
in Nineteenth-Century France (2003), elle montre, à partir d’une
analyse du mariage, de la sexualité et de leurs représentations,
comment l’art transforme les questions de société en problématiques
culturelles.
Active dans le
milieu artistique depuis les années 1970, période au cours de laquelle
elle fut membre des groupes français de plasticiennes féministes,
Mathilde Ferrer impulsa, au sein de l’École nationale des beaux-arts
où elle était chargée de la médiathèque, la création d’une collection
d’ouvrages de référence concernant l’art, le genre et le féminisme, et
encouragea les réflexions sur ces problématiques au sein de l’École
autant parmi les élèves que parmi les professeur(e)s, par
l’organisation de colloques, de rencontres avec des artistes
anglo-saxonnes, etc. Aujourd’hui retraitée, elle reste une
personnalité essentielle de l’activisme féministe et artistique en
France.
Cet entretien s’est
fait en deux temps, car, pour des raisons d’éloignement géographique,
Patricia Mainardi a répondu à nos questions par écrit, tandis que nous
avons pu rencontrer Mathilde Ferrer à Paris.
Art
— Histoire de l’art — Féminisme — Artistes femmes — Domination
masculine — Luttes des femmes — Création artistique
Myriem Naji
—
Valeur des tapis marocains : entre productrices d’artisanat et
marchands d’art
Produits
exclusivement par des femmes, pour le marché occidental, les tapis du
sud marocain sont vendus par des hommes, qui contrôlent et organisent
le marché des tapis aux niveaux national et international. D’un bout à
l’autre de la chaîne, ces tapis passent du statut de production
artisanale à celui d’œuvre d’art. La construction de la valeur des
tapis va de pair avec une occultation des tisseuses qui permet aux
marchands d’exploiter les inégalités en termes social, ethnique et de
genre. Cet article interroge les catégories d’art et d’artisanat et
s’intéresse particulièrement aux questions de l’imitation et de
l’appropriation de la production.
Art — Artisanat
— Valeur marchande — Production domestique — Travail des femmes —
Maroc
Maria Antonietta
Trasforini
—
Du génie au talent : quel genre pour l’artiste ?
Le monde de l’art
est un espace social et professionnel résultant d’un processus
complexe de négociation entre les définitions de l’art comme objet
symbolique et de l’identité sociale de l’artiste. Or une analyse en
termes de genre montre que le ‘talent’ et le ‘génie’ sont des
constructions aux conséquences sociales et professionnelles décisives.
Il s’agit donc ici de s’intéresser au rôle des institutions et des
‘gardiens du temple’ qui ‘créent’ les artistes en leur procurant les
ressources nécessaires à la production artistique, ainsi qu’à la
manière dont joue le genre dans les processus de construction de
l’histoire de l’art. C’est enfin à une déconstruction des
positionnements à partir desquels hommes et femmes déterminent leur
manière de ‘faire (de) l’art’ qu’invite une analyse du champ de l’art
selon le genre.
Art — Histoire
de l’art — Artistes femmes — Mémoire — Légitimité —
Professionnalisation
Françoise
Frontisi-Ducroux
—
‘La fille de Dibutade’, ou l’inventrice inventée
Selon le mythe
fondateur de la peinture, et plus généralement de la représentation
figurée, l’auteure de la première image figurative serait une jeune
femme, ‘la fille de Dibutade’. Elle aurait ainsi tracé sur un mur
l’ombre de son amant afin d’en conserver l’image. Le père de la jeune
fille, potier dans une ville grecque, aurait transformé ce premier
tracé en bas relief en le fixant avec de l’argile. Cependant, de
l’Antiquité à aujourd’hui, ce récit ne cesse d’être remodelé. À partir
de ses différentes versions, il s’agit non seulement d’analyser la
production des représentations sociales relatives à la part respective
des femmes et des hommes dans une invention majeure pour les sociétés,
mais également leur valeur symbolique.
Art — Mythe —
Création artistique — Histoire de l’art — Histoire culturelle
Frédérique Villemur
—
Pensée queer et mélancolie du genre
On interroge ici
l’intérêt d’une approche queer dans le champ de l’histoire de
l’art, en prenant en compte les questions épistémologiques liées à
l’anachronisme et à la réception de l’œuvre d’art. Principalement
autour de trois questions : quel lien la métaphore entretient-elle
avec le processus de sublimation propre à l’acte esthétique et celui
de l’intériorisation de la mélancolie à travers laquelle se construit
l’identité de genre ? Quelles sont les fonctions subversives du
queer au cœur de la différence des sexes alors que le queer
est avant tout excentrique ? Comment cette excentricité amène-t-elle à
repenser les découpages temporels de l’histoire de l’art et les
catégories esthétiques établies ?
Art — Histoire
de l’art — Queer — Valeurs — Corps — Identité de genre — Création
artistique — Subversion
Elvan Zabunyan
—
Histoire de l’art contemporain et théories féministes : le tournant de
1970
L’analyse de la
relation entre les théories féministes et les pratiques artistiques
passe ici par la référence à deux best-sellers parus en 1970
aux États-Unis — Dialectic of Sex de Shulamith Firestone et
Sisterhood is Powerful de Robin Morgan — et à leur influence sur
certains artistes contemporains qui commencent dès lors à s’inscrire
au sein d’une réflexion explicitement liée à l’idéologie féministe.
L’artiste américaine Yvonne Rainer évoque notamment l’importance des
théories féministes pour son travail performatif et filmique. À leur
contact, Rainer change de médium en abandonnant la performance pour
passer au film. Ce dernier lui permet de repenser la notion même de
représentation et de faire se rencontrer, de façon conjointe,
féminisme, esthétique et politique.
Art
contemporain — Histoire de l’art — Art et féminisme — Théories
féministes — Pratiques artistiques — Performance — Rainer Yvonne
David Zerbib
—
Le masculin et la performance de l’universel
L’universel comme
valeur esthétique explose sous le double effet de la performance
comme forme critique de la représentation, et du genre comme
contenu voilé à la base de processus d’exclusion qui ont actualisé
cette valeur. Mais l’action de ces deux facteurs varie, comme le
montre l’examen de performances masculines. La radicalité formelle
peut par exemple conforter les représentations de genre et faire du
masculin l’unique source de valeur artistique ; quand d’autres
performances déforment au contraire le masculin en manifestant toute
sa plasticité. Au final, plutôt que considérer le genre comme un
contenu critique à révéler, on est conduit à l’aborder comme une forme
que la performance produit. À ce titre, la valeur esthétique de
l’universel ne fait pas qu’exploser, elle est libérée de certaines
représentations exclusives pour acquérir elle aussi de nouvelles
potentialités formelles.
Art — Universel
— Subjectivité — Valeurs — Performance — Corps — Exclusion
Hors-champ
Roland Pfefferkorn
—
Autour de l’organisation d’une journée d’étude sur la prostitution.
L’impossible compromis
Cet article propose
l’analyse d’une controverse qui s’est développée en 2004 autour de
l’organisation d’une manifestation scientifique consacrée à la
prostitution. Après la présentation de la chronologie de cette
controverse, des différents acteurs et de leurs modes d’intervention,
l’article s’arrête sur la nature des arguments échangés et tente de
dégager les différents registres de justification des acteurs
intervenus dans cette polémique. Celle-ci s’inscrit par ailleurs plus
largement dans le débat déjà ancien autour de la prohibition ou de la
légalisation de la prostitution qui a été réactivé au cours des années
récentes par les politiques diamétralement opposées mises en œuvre
dans des pays européens comme la Suède d’un côté et les Pays-Bas ou
l’Allemagne de l’autre.
Prostitution —
Violences — Activité professionnelle — Droits des femmes — Luttes des
femmes — Controverse scientifique
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Abstracts
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Gender, feminism and the value of art
Fabienne Dumont and Séverine Sofio
— Outline of an epistemology of feminist theorization in art
As
research in and on the field of the feminist theorization in art is
little developed in France, we have chosen in this article to look at
the context of emergence of this theorization, since the first
reflections on the place of the women in the artistic world to the
attempts to articulate practical aesthetics and political expression,
under the influence of the feminist movement. Then, we try to
establish a typology of the sets of themes which feminist questioning
has contributed to renew both in the field of art as, more largely, in
that of the reflection on artistic creation, from 1980s to today.
Art
— Feminist theory — Feminism — Art history — Sociology of art —
Aesthetics
Griselda Pollock
— Canon and cultural wars
In
this text, drawn from the first chapter of her book Differencing
the Canon (1999), Griselda Pollock proposes a true research
programme to reconsider the history of art as a discipline. While
being based in particular on work of the philosopher and psychoanalyst
Sarah Kofman, and on the research undertaken by the feminist
theoreticians of art for thirty years, she considers the role that
feminism, gender and post-colonial studies have had and can still have
in the redefinition of the both andro and ethno-centered “canon”,
which always structures our appreciation of creation and the figure of
“the” creator, through the artistic disciplines and cultural
institutions.
Art
— Art history — Cultural canons — Values — Alterity — Exclusion —
Feminism — Male domination — Women artists
Myriem Naji
—
Value of the Moroccan carpets: between craftswoman production and
art merchants
Produced exclusively by women, for the Western market, carpets from
the Moroccan South are sold by men, who control and organize the
market in carpets on the national and international levels. From one
end of the chain to the other, these carpets pass from the status of
artisanal production to that of work of art. The construction of the
value of the carpet goes alongside a hiding of the women weavers,
which makes it possible for the merchants to exploit the inequalities
in social, ethnic and gender terms. This article questions the
categories of art and craft industry, and is interested particularly
in the questions of the imitation and the appropriation of production.
Art
— Artisanal work — Market value — Domestic production — Women’s work —
Morocco
Maria Antonietta Trasforini
— From genius to talent: what gender for the artist?
The
artistic field
—
as a professional social space — is
the result of a complex negotiation whereby social actors try to
define a symbolic object (art) and a social identity (the artist).
Gender analysis, applied to art worlds, shows “talent” and “genius” as
social constructions having relevant social and professional effects.
In particular, the focus is on how institutional gatekeepers “create”
and define artists, giving them the resources to produce art; and how,
in the History of Art, “who tells the ‘story’ is relevant”. Finally,
gender analysis proposes the deconstruction of social places where men
and women artists produce and shape their “artistic way”.
Art
— Art history — Women artists — Memory — Professionalization —
Legitimacy
Françoise Frontisi-Ducroux
— “The Dibutade’s daughter”, or the inventor invented
According to the founding myth of painting, and more generally of
figurative representation, the author of the first figurative image
was a young woman,
“Dibutade’s
daughter”.
She supposedly traced on a wall the shadow of her lover in order to
keep the image. The young girl’s father, a potter in a Greek city,
then transformed this first sketch into low relief by fixing it with
clay. However, from Antiquity to today this story has been retold in
different ways. Starting from the various versions, it is not only a
question of analysing the production of social representations
relating to the respective contribution of the women and the men in a
major invention for society, but also their symbolic value.
Art
— Myth — Artistic creation — Art history — Cultural history
Frédérique Villemur
— Queer thought and gender melancholy
Here we consider the interest of a queer approach in the field of
history of art, by taking into account the epistemological questions
related to the anachronism and the reception of the work of art.
Mainly around three questions: what link does the metaphor have with
the process of sublimation specific to the aesthetic act and the
interiorisation of melancholy through which gender identity is built?
What are the subversive functions of queer thought at the heart of the
difference of the sexes when queer thought is above all exocentric?
How does this exocentricity lead us to reconsider the temporal
categories of history of art and established aesthetic categories?
Art
— Art history — Queer — Values — Body — Gender identity — Artistic
creation — Subversion
Elvan Zabunyan
— History of contemporary art and feminist theories: the turning
point of 1970
The
analysis of the relation between feminist theories and artistic
practices is examined here with reference to two 1970 best-sellers in
the United States — Dialectic of Sex by Shulamith Firestone and
Sisterhood is Powerful by Robin Morgan — and their influence on
certain contemporary artists who from that time start to identify
themselves within a reflection explicitly related to feminist
ideology. The American artist Yvonne Rainer evokes in particular the
importance of the feminist theories for her performance and film work.
Under their influence Rainer changed medium, abandoning performance to
move to film. This enables her to reconsider the concept even of
representation and bring into convergence, in a joint way, feminism,
aesthetics and politics.
Contemporary art — Art history — Art and feminism — Feminist theories
— Artistic practices — Performance — Rainer Yvonne
David Zerbib
—
Masculine and the performance of the universal
The
universal as an aesthetic value explodes under the double effect of
performance as a form of critical representation, and gender as
veiled content at the base of the process of exclusion which
brings out this value. But the action of these two factors varies, as
the examination of male performances shows. Formal radicality can for
example consolidate the representation of gender and make the
masculine the single source of artistic value; while other
performances on the contrary deform the masculine by expressing all
its plasticity. In the end, rather than considering gender as a
critical content to be revealed, we are led to approach it as a form
that performance produces. From this point of view, the aesthetic
value of universal does not only explode, it is released from certain
exclusive representations to acquire new potentialities.
Art
— Universal — Subjectivity — Values — Performance — Body — Exclusion
Out-field
Roland Pfefferkorn
— On the organization of a seminar on prostitution. The impossible
compromise
This article analyses a controversy which developed in 2004 around the
organization of an academic seminar on prostitution. After the
presentation of the chronology of this controversy, of various actors
and of their modes of intervention, the article considers the nature
of the arguments exchanged and tries to separate out the various
types of justification used by actors in this polemic. This fits in
addition more largely into the already old debate around the
prohibition or legalization of prostitution which was reactivated in
the recent years by the diametrically opposed policies implemented in
European countries like Sweden on one hand and the Netherlands or
Germany on the other.
Prostitution — Violences — Professional activity — Women’s rights —
Women’s struggles — Scientific debates
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Auteur·e·s
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Fabienne Dumont
est historienne de l’art, enseignante à l’Université Paris I –
Panthéon-Sorbonne et en charge du catalogue raisonné de Anna-Eva
Bergman à la Fondation Hartung-Bergman. Sa thèse, à paraître en 2007,
portait sur Femmes, art et féminismes dans les années 70 en France.
Elle est l’auteure d’articles et de conférences portant sur les
implications féministes et de genre en art au XXe et XXIe
siècles, tels que :
— (2006). « Los Angeles – Années 1970 : une expérience unique du
féminisme en art ». Art présence,
n° 59,
juillet-septembre.
— (2006). « Art et féminisme – Années 1970, France : un contexte
houleux et des œuvres décapantes » (mars). Consultable en ligne :
www.constant.irisnet.be/a+f/
Françoise
Frontisi-Ducroux
est sous-directeur honoraire au Collège de France, helléniste, membre
du Centre Louis Gernet (CNRS-EHESS). Elle travaille parallèlement sur
les textes et les représentations figurées. Ses travaux portent
principalement sur la religion grecque (Dionysos) et sur les mythes.
Parmi ses ouvrages :
— (2000). Dédale : mythologie de l’artisan en Grèce ancienne.
Paris, La Découverte.
— (2003). L’homme-cerf et la femme-araignée : figures grecques de
la métamorphose. Paris, Gallimard.
Pascale Molinier
est maître de conférences en psychologie du travail au Conservatoire
national des arts et métiers (CNAM) et membre du Laboratoire de
psychologie du travail et de l’action du CNAM. Elle est rédactrice en
chef de la revue Travailler et membre du comité de lecture des
Cahiers du Genre. Elle consacre ses recherches à
« Psychodynamique du travail et rapports sociaux de sexe » et à
« Genre, travail et sexualité ». Elle a notamment publié :
— (2003).
L’énigme de la
femme active.
Paris, Payot.
— (2006).
Les enjeux
psychiques du travail.
Paris, Payot.
Myriem Naji
est
doctorante en anthropologie à l’University
College London (UCL), au département de culture matérielle.
Sa thèse porte
sur le
travail des tisseuses au Maroc et le rôle de la culture matérielle et
du corps dans la construction de leur subjectivité.
Elle a publié :
— (2006). « Islam ».
In Andrieu
Bernard (ed). Dictionnaire du corps en sciences humaines et
sociales. Paris, CNRS Éditions.
— (2006). « Quelques réflexions sur le rapport de jeunes chercheuses
féministes à leur terrain (chantier) » (avec Anna Jarry, Élisabeth
Marteu, Delphine Lacombe, Mona Farhan et Carol Mann). Terrains
& travaux,
n° 10.
Roland Pfefferkorn
est professeur de sociologie à l’Université Marc Bloch de Strasbourg
et membre du laboratoire Cultures et sociétés en Europe (UMR 7043).
Ses recherches et son enseignement portent principalement sur les
inégalités et les rapports sociaux (rapports de classe et rapports de
sexe). Il a publié récemment :
— (2007). Inégalités et rapports sociaux. Rapports de classes,
rapports de sexes. Paris, La Dispute « Le genre du monde ».
— (2007). Métiers, identités professionnelles et genre
(codirigé avec Jean-Yves Causer et Bernard
Woehl). Paris, L’Harmattan « Logiques sociales ».
Griselda Pollock
est l’une des historiennes de l’art et théoriciennes féministes les
plus reconnues aujourd’hui dans le monde. Ses domaines d’intérêt sont
multiples, de la peinture du XIXe siècle à l’art
contemporain. Elle enseigne aujourd’hui à l’Université de Leeds en
Grande-Bretagne, où elle dirige un programme d’études doctorales sur
les arts visuels.
Auteure de nombreux ouvrages, elle a récemment dirigé, avec Dana
Arnold, l’ouvrage collectif :
— (2006). Psychoanalysis and the Image: Transdisciplinary
Perspectives on Subjectivity, Sexual Difference, and Aesthetics.
Malden, MA, Blackwell.
Sa prochaine publication, qui paraîtra en 2008 aux presses
universitaires de Yale, sera consacrée à la peintre Charlotte Salomon
et à la question de la mémoire de la Shoah.
Séverine Sofio
est doctorante en sociologie à l’EHESS (Centre Maurice Halbwachs) et
enseigne, en tant qu’ATER, à l’Université Paris I – Panthéon-Sorbonne.
Sa thèse porte sur : une sociologie de la population des plasticiennes
actives à Paris dans la première moitié du XIXe siècle.
Elle a notamment publié :
— (2007). « Quelle(s) légitimité(s) pour les peintres de fleurs ?
Genre, art et botanique au XIXe siècle ». In Naudier
Delphine, Rollet Brigitte (eds).
Genre et légitimité
culturelle. Quelle reconnaissance pour les femmes ?
Paris,
L’Harmattan « Bibliothèque du féminisme ».
— (2007). « La vocation comme subversion : artistes femmes et
anti-académisme dans la France révolutionnaire ». Actes de la
recherche en sciences sociales, n° 168 « Vocations artistiques », juin.
Maria Antonietta
Trasforini
est professeure associée de sociologie des processus culturels à
l’Université de Ferrara (Italie). Elle a étudié le phénomène de la
professionnalisation dans les métiers de la culture, en particulier
dans l’art et la psychanalyse, les effets de genre dans les mondes de
l’art et enfin les publics de l’art dans la culture urbaine.
Depuis 1996, elle fait partie du comité scientifique de la Biennale
« Donna di Ferrara » qui organise des expositions en collaboration
avec le Musée d’art contemporain de la ville (Palazzo dei Diamanti).
Elle a notamment publié :
— (2006) (ed).
Donne d’arte.
Storie
e generazioni.
Roma,
Meltemi.
— (2007).
Nel segno delle
artiste. Donne, professioni d’arte e modernità.
Bologna,
Il Mulino.
Frédérique Villemur
est historienne, spécialiste en histoire et théorie de l’art. Elle a
consacré sa thèse aux Figures de l’androgyne, sous la direction de
Michelle Perrot (Université Paris VII), et en prépare actuellement une
version à paraître, Éros androgyne à la Renaissance. Elle est
l’auteure d’articles sur la notion de genre et sur le travestissement
en histoire et histoire de l’art à la Renaissance, ainsi que dans le
champ de l’art contemporain. Parmi ses publications :
— (2000).
La Méridienne de
Paris : une nouvelle traversée de la capitale.
Paris, Paris musées & Arles, Actes Sud.
— (2004).
Paul Facchetti, le studio : art informel et abstraction lyrique (avec Brigitte Pietrzak). Arles, Actes Sud.
Perin Emel Yavuz
prépare une thèse sur le Narrative art, sous la direction de
Jean-Marie Schaeffer à l’EHESS. Elle s’intéresse à la narrativité et
aux processus d’hybridation dans les pratiques artistiques
contemporaines, en s’appuyant notamment sur la relation photo-texte et
la mise en scène de soi. Elle développe, dans le cadre du groupe de
recherche
« Genre
et création »
d’EFiGiES, une réflexion sur l’oubli du genre dans le renouveau de
l’esthétique dans les années 1990 en France.
Elle a publié récemment deux articles :
— (2007).
« L’art
à l’ère du scénario. La dimension micro du récit dans le Narrative
art ».
Textuel,
n° 52
« Lectures
de l’art contemporain »
(Nachtergael
Magali, ed).
— (2007).
« Le
filmique à l’épreuve de la fixité. La photographie séquentielle dans
les années 60 et 70 ».
Cinémaction, n° 122.
Elvan Zabunyan
est historienne de l’art contemporain. Maître de conférences à
l’Université de Rennes, elle est actuellement en délégation au CNRS au
Centre d’études nord-américaines, laboratoire MASCIPO (UMR 8168,
EHESS/CNRS).
Parmi ses publications récentes :
— (2004). Black Is A Color : une histoire de l’art africain
américain contemporain. Paris, Dis voir (publié aux États-Unis en
2005).
— (2007). « Pratiques et théories de l’art féministe postcolonial, une
question contemporaine : exemples croisés de Trinh T. Minh-ha et
Theresa Hak Kyung Cha ». In Inscriptions/Transgressions, Histoire
de l’art et études genre.
Bern,
Peter Lang AG, Europäischer Verlag der Wissenschaften.
David Zerbib
est chargé de cours en philosophie de l’art à l’Université Paris I –
Panthéon-Sorbonne. Il mène ses recherches sur la performance et
collabore à différentes revues d’art et d’esthétique.
Il a notamment publié :
— (2006).« Efficacité et flux sans gain. Pour une théorie critique de
la performance ». In L’art face aux nouvelles technologies.
Paris, Klincksieck « L’Université des arts ». |
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Les Cahiers du Genre
ont reçu
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Ouvrages
Achin Catherine et al.
(2007). Sexes, genre et politique. Paris, Economica,
184 p.
Allouch Jean (2007).
La psychanalyse est-elle un exercice spirituel ? Réponse à Michel
Foucault. Paris, Epel, 103 p.
Antrobus Peggy (2007).
Le mouvement mondial des femmes. Paris, Éd. de l’Atelier & Éd.
Charles Léopold Mayer « Enjeux Planète », 303 p.
Chaperon Sylvie (2007).
Les origines de la sexologie, 1850-1900. Paris, Louis Audibert,
287 p.
Conseil de l’Europe
(2007). Droits de la personne humaine et défis
économiques en Europe – L’égalité
entre les femmes et les hommes.
Strasbourg, Éditions du
Conseil de l’Europe [Actes de la 6e Conférence
ministérielle européenne sur l’égalité entre les femmes et les
hommes, Stockholm, Suède, 8-9 juin 2006], 340 p.
Dardel (de) Julie (2007).
Révolution sexuelle et mouvement de libération des femmes à Genève
(1970-1977). Lausanne, Antipodes « Histoire », 157 p.
Déroff Marie-Laure
(2007). Homme/Femme : la part de la sexualité. Une sociologie du
genre et de l’hétérosexualité. Rennes, Presses universitaires de
Rennes « Le sens social », 224 p.
Fraisse Geneviève (2007). Du
consentement. Paris, Seuil « Non conforme », 139 p.
Gaborit Pascaline (ed) (2007).
Les hommes entre travail et famille. Paris, L’Harmattan
« Questions contemporaines », 350 p.
Hall Stuart (2007). Identités
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« Textes à l’appui / genre et sexualité », 203 p.
Knibiehler Yvonne
(2007). Accoucher. Femmes, sages-femmes et
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Lauretis (de) Teresa
(2007). Théorie queer et cultures populaires. De Foucault à
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Löwy Ilana, Marry
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Mathieu Lilan (2007). La
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208 p.
Milani Pauline ((2007). Femmes
dans la mouvance communiste suisse. La Fédération des
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conservatisme et émancipation, 1952-1969. Neuchâtel, Alphil
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Naudier Delphine, Rollet Brigitte
(2007). Genre et légitimité culturelle.
Quelle reconnaissance pour les
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L’Harmattan « Bibliothèque du féminisme », 165 p.
Pfefferkorn Roland
(2007). Inégalités et rapports sociaux. Rapports de classes,
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Perreau Bruno (ed)
(2007). Le choix de l’homosexualité. Recherches inédites sur la
question gay et lesbienne. Paris, Epel, 277 p.
Rennes Juliette (2007). Le mérite
et la nature. Une controverse
républicaine : l’accès des femmes aux professions de prestige,
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Thanh-Huyen, Marques-Pereira
Bérengère, Sineau Mariette (eds) (2007). Genre, citoyenneté et
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La pensée straight. Paris, Éd. Amsterdam, 119 p.
Revues
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n° 378/2006 « Égalité femmes-hommes. Changer les rapports
sociaux », 120 p.
Nouvelles questions féministes,
vol. 26, n° 2/2007 « Perpectives féministes en sciences
économiques », 160 p.
Revue Tiers Monde,
n° 189/2007 « Argentine, Brésil : sorties de crise ? », 231 p.
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